• Scrubs est une série télévisuelle créée par Bill Lawrence (également créateur de Spin City et Cougar town) ; elle a été diffusée aux Etats-Unis entre 2001 et 2010. Elle comporte 9 saisons, et permet donc de part sa longueur de construire une réelle évolution dans les personnages.

     

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    Pendant les 182 épisodes de Scrubs, nous suivons John Dorian, surnommé J.D, au cours de sa carrière médicale à l'hôpital du Sacré-Coeur. D'abord jeune interne perdu face à la complexité et aux enjeux du secteur médical américain, nous assistons à sa progressive prise de confiance. Le point de vue est interne, et on se retrouve fréquemment dans l'imaginaire de J.D, qui fantasme souvent sur des situations improbables. Il est ami avec Christopher Turk, qui commence à apprendre le métier de chirurgien dans le même hôpital. Dès le premier épisode arrivent une flopée de personnages aussi spéciaux que charismatiques : Elliot Reid, interne en médecine névrosée issue d'un milieu bourgeois ; Carla Espinosa, infirmière au fort caractère implantée de longue date dans l'hôpital ; Perry Cox, terrifiant chef des internes aux discours élégamment cassants ; et Bob Kelso, le tyranniquement drôle directeur de l'hôpital.

     

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    N'oublions pas le concierge (qui n'a d'autre nom que "le concierge"), interprété par Neill Flynn, probablement l'un des meilleurs personnages que le monde des séries ait connu. Supposément chargé d'assurer la propreté de l'hôpital, il consacre en réalité beaucoup plus de temps à chercher des stratégies pour ridiculiser et martyriser J.D, devenu son souffre-douleur dès le premier épisode. Ainsi J.D passera-t-il un épisode entier enfermé dans une citerne d'eau. On peut croire pendant la saison 1 que le concierge n'existe que dans l'imaginaire de J.D (c'est d'ailleurs ce que les producteurs avaient prévu de révéler si la série de marchait pas en termes d'audience), et ce n'est qu'à partir de la 2e saison que le concierge interagira avec d'autres personnages.

     

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    D'aucuns compareraient Scrubs avec des séries ayant lieu dans un hôpital, comme Dr House ou Urgences. Mais ça n'a rien à voir : Dr House n'a que son personnage éponyme pour porter la série, les personnages ne comportent aucune originalité. L'un des épisodes de Scrubs parodie d'ailleurs Dr House (on y voit le Dr Cox déambuler avec une canne en résolvant pléthore de problèmes insolubles). Dans Scrubs, tous les personnages sont à la fois réalistes, attachants et légèrement siphonnés. L'identification à l'un deux est inévitable. La série est tournée avec une seule caméra, et sans rire enregistré, ce qui la distingue positivement de plusieurs séries de l'époque.

    De plus, Scrubs permet d'en apprendre plus sur le secteur médical américain. En effet, outre-Atlantique, point de sécurité sociale. Un hôpital n'est pas tenu de soigner un malade dépourvu d'une assurance santé. Bien entendu, cela va à l'encontre de ce pour quoi la plupart des médecins font des études : soigner et sauver des vies, peu importe si cette vie a les poches remplies ou non. J.D et ses camarades vont donc devoir apprendre, à l'aide de Perry Cox, à contourner ce système. 

     

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    De plus, si la série est pleine de légéreté et d'humour, elle sait également faire preuve de gravité. Être confronté à la mort, à l'injustice, aux erreurs médicales, est le quotidien des médecins et chirurgiens en hôpital. Avec Scrubs, vous rirez autant que vous aurez la larme à l'oeil. L'immense talent de cette série est faire passer son spectateur de l'amusement à la tristesse en quelques secondes. D'autres thèmes sont également abordés : l'endettement des étudiants, les différences de classes sociales, la sexualité, l'évolution vers l'âge adulte et ses nécessaires renoncements...

     

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    Vous l'aurez compris, Scrubs est une incontournableScrubs est apparu au début des années 2000, quand les séries n'étaient pas encore autant à la mode, mais sa créativité est telle que la série n'a pas vieilli. C'est un intemporel, un classique qui ne s'adresse pas à public particulier. Comme avec Community, vous aurez vite l'impression de retrouver une grande famille à chaque épisode (de 22 minutes). La série n'a pas obtenu à l'époque des taux d'audience extraordinaires, mais elle a été diffusée dans 27 pays et a été plusieurs fois primée et récompensées.

    Pour ceux qui découvrent la série, dites moi ce que vous en pensez ; et pour ceux qui connaissent déjà, donnez votre opinion sur Scrubs en commentaire !


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    En passant pécho est une web-série dont le premier épisode a été diffusé sur Youtube en 2011. Elle est l'oeuvre de Ken et Ryu ; l'un des deux pseudonymes dissimule en réalité le nom de Julien Hollande, fils cadet de... François Hollande et Ségolène Royal. 

    Et on peut dire que pour un fils de président, Julien Hollande ne mâche pas ses mots. En passant pécho se décrit elle-même comme une "bonne grosse série de shlag" : on y suit le quotidien agité de jeunes de la cité La Bellevilloise, amateurs de stupéfiants et de gros clash. Le personnage principal est le mythique Cokeman, dealer de plâtre et amateur de godemichets, amoureux de Mireille qui le trouve minable. Dans cette web-série, la part belle est faite à la culture street, et ça fait du bien ! Pour une fois, on entend du rap, les personnages parlent verlan, et le milieu de la drogue et du deal est montré de manière certes exagérée, mais réaliste.

     

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    Cette websérie est osée, parce qu'elle va sur des terrains cinématographiquement inexplorés. On y parle sexe, drogue et rap, les termes sont crus. Plusieurs éléments sont mis en avant : les tensions entre clients et dealers, le paraître propre à l'univers de la drogue (avec le désormais célèbre : "Tu respectes pas la beuh"), les tentatives d'intégration d'un babtou dans une cité, les risques policiers intrinsèques au monde des stupéfiants... Le tout avec un humour incisif, mordant et brillant. L'épisode 3 "Carotte Cellule" où Cokeman se retrouve derrière les barreaux avec son collègue est juste génial : les hippies à dreadlocks en prennent pour leur grade.

     

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    Cette websérie est un bol d'air dans un univers saturé de conventionnel et de parlé-correct. Il n'y a qu'à voir leur site pour comprendre l'univers décalé et trash d'En passant pécho. Cette série vous fera hurler de rire, tant certains éléments sonnent juste - comme le fameux "à la hollandaise", ou l'attitude lèche-botte d'un client avec Cokeman. 

     

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    Les épisodes sont courts - entre 7 et 15 minutes - et peuvent se visionner sur Youtube. La websérie connaît déjà un franc succès, avec plus de 8 millions de vue, 7 épisodes et de nombreux bonus (Cokeman fait sa sextape, Crache la maille sur My Major Company...). La websérie a été financée grâce au crowdfunding. Il faut au moins que vous regardiez un épisode, histoire de savoir si le mojo est en vous ou non. Cette série est l'une des plus barrées qui soit ; mieux vaut la regarder en entier et dans l'ordre.

     


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  • Black Mirror est une série britannique, crée par Charlie Brooker et diffusée pour la première fois en 2011. C'est une série d'anthologie, c'est à dire que les épisodes ne se suivent pas les uns les autres, mais sont reliés par un thème commun : en l’occurrence, un futur dystopique marqué par les dérives de la modernité.

    Les nouvelles technologies et leur usage sont un thème central. Les quelques épisodes de Black Mirror - il y en a moins de dix - donnent à voir sous un jour différents les récentes innovations comportementales et technologiques : cette manie de filmer, de tout prendre en photo, tout le temps, qui renverrait presque au voyeurisme ; le développement de la pornographie, l'omniprésence de la publicité et des écrans ; la capture et la diffusion en temps réel d'images et de sons ; la quête de la célébrité... Nous sommes projetés dans un futur proche dans lequel tous ces travers ont empiré.

     

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    Cette série a opté pour des images et des scénarios chocs. Face aux horreurs qu'il a sous les yeux, le spectateur en vient à se dire que les personnages n'ont plus rien d'humain ; puis il se souvient, non sans effroi, que ces comportements ont dérivé d'attitudes et de gestes qu'il connaît et emprunte lui-même au quotidien. Black Mirror n'invente pas, elle exagère. La série examine les potentialités négatives auxquelles peut nous conduire la modernité. Elle se décrit elle-même comme issue "de notre malaise contemporain sur notre monde moderne", surfant sur la "techno-paranoïa".

     

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    On pense bien sûr au roman Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley, mais aussi à des références plus contemporaines de type Matrix, pour l'aspect sciences-fiction et emprise des machines sur l'homme. Mais par rapport à ces deux références, les épisodes de Black Mirror nous semblent plus réalistes, plus crédibles. Les technologies et réseaux montrés dans la série sont pour la plupart déjà utilisés.

     

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    Cette série n'est pas joyeuse, et elle ne fait pas rire. Elle laisse plutôt un arrière-goût amer au spectateur, qui se demande systématiquement à la fin d'un épisode ce qui l'a mis si mal à l'aise ; mais Black Mirror pousse à la réflexion sur nos comportements actuels et leurs possibles - probables ? - dérives. Les épisodes sont assez longs - entre 45 minutes et une heure - et peuvent tout à fait se regarder dans le désordre. 


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    J'inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique : tous les quinze jours, je vous présenterai une série que j'affectionne. Mes goûts en ce domaine sont très variés, et j'espère que vous y trouverez votre compte !

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    Community est une série américaine dont le premier épisode a été diffusé en 2009. Son créateur, Dan Harmon - également co-créateur de la série Rick and Morty - a réussi à innover en partant d'un élément classique des sitcoms : la bande d'amis étudiants. Mais ici, l'université de Greendale est dirigée par un doyen totalement irresponsable dont le passe-temps favori est de se déguiser en femme. L'action a lieu dans un community college, c'est à dire une université communale de seconde zone qui ne sélectionne pas ses étudiants. Les individus qui s'y retrouvent sont tous plus ou moins paumés, et ont souvent commis une erreur dans leur vie antérieure.

     

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    Dès le premier épisode, le groupe des personnages principaux est posé. Il y a tout d'abord Jeff, l'ancien avocat brillant au faux diplôme, narcissique, égocentrique mais tellement charismatique, rapidement suivi par Britta, activiste ratée qui tente de trouver sa voie. Viennent ensuite Shirley, mère de famille adultère et carriériste ; Annie, ancienne droguée aux médicaments et première de la classe ; Troy, sportif qui a du renoncer à sa bourse du fait d'une blessure ; et Pierce, héritier millionnaire d'un empire de lingettes traînant depuis plus de dix ans dans les couloirs de Greendale et continuant à penser que ses blagues racistes sont drôles. Enfin, last but nos the least, Abed est probablement le meilleur personnage de la série : obsédé par le cinéma et par la pop culture, Abed trouve que la fiction est bien plus facile à comprendre que la vie réelle. Ses problèmes sociaux-comportementaux le rendent aussi drôles qu'attachant, mais ce personnage se distingue surtout par son aptitude involontaire au  méta-humour. Et le méta-humour est ce qui rend Community si décalée et originale.

     

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    Le méta-humour repose le plus souvent sur la mise en abyme : c'est faire de l'humour à propos de l'humour. Abed voit les journées défiler comme des épisodes, et il voudrait faire adopter à son entourage des comportements attendus de personnage de séries. L'aspect méta de Community réside également dans sa scénarisation et son montage. Par exemple, plusieurs épisodes font référence, voire s'inspirent d'oeuvres de pop culture : Kill Bill dans l'un des épisodes paint-ball, Star WarsWalking DeadGlee, Batman, Indiana Jones... C'est donc dans un univers loufoque, à la fois surréaliste et très actuel, que les spectateurs sont plongés en regardant Community

     

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    La série compte six saisons, mais la dernière, diffusée par Yahoo!, est la moins bonne. On sent les scénaristes en mal d'inspiration, et bon nombre des personnages du départ s'en sont allés ; peut-être Dan Harmon a-t-il voulu achever ses six saisons, en référence au désormais célèbre "Six seasons and a movie !" de Troy et Abed. Il faut néanmoins voir les derniers épisodes, qui vous feront sûrement monter la larme à l'oeil après les soirées passées en compagnie de la bande de lurons déjantés. Au-delà de l'aspect humoristique - le rire est garanti avec cette série -, Community pousse à l'acceptation de soi-même et d'autrui, et critique de nombreux aspects de la société américaine. Chaque épisode dure 25 minutes ; mieux vaut les regarder dans l'ordre pour ne rien perdre de l'évolution de la trame de fond. 

     

     


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