• L'Opening de la 4ème édition du FIFIB - en partenariat avec ARTS in Bordeaux

    Ce jeudi 8 octobre a eu lieu la soirée d’ouverture du Festival International du Film Indépendant de Bordeaux, au Rocher de Palmer à Cenon. Je m'y rendais pour ARTS in Bordeaux, et je vous informerai quand l'article sera publié sur cette plateforme.

                               19 :45 : Cérémonie d’Ouverture

    La cérémonie d’ouverture, prévue à 19 heures, a fait salle comble. Se sont succédés sur scène des membres de l’organisation, qui nous ont présenté avec légèreté, humour et poésie le festival et ses jurés.

     

    Cette 5ème édition du FIFIB se présente donc sous la couleur du rose, avec pour égérie un homme sensible, qui pleure des larmes bleues, « un homme comme il y en a beaucoup, finalement ». Le FIFIB, dès son ouverture, bouscule les préjugés et les idées reçues, et l’illustre en choisissant comme film d’ouverture The Lobster, du réalisateur grec Yorgos Lanthimos, qui mêle « absurde, romantisme, cynisme et poésie ». Le festival réunit 75 bénévoles et de (très) nombreux partenaires et sponsors, que la présentatrice remercie avant de présenter les jurés et les films en compétition, dans une vidéo moderne, pleines de surprises, d’esthétisme et d’énergie, sur la musique de l’artiste électronique mondialement reconnu Yuksek. La cérémonie se conclue par un enthousiaste : « Vive le cinéma, vive l’amour, vive la vie ! », et le festival s’ouvre sur son premier film. 

    L'Opening de la 4ème édition du FIFIB - en partenariat avec ARTS in Bordeaux

                             

                  20 :10 : The Lobster, de Yorgos Lanthimos

     

    Le long-métrage The Lobster, de Yorgos Lanthimos, a obtenu le Prix du Jury de Cannes. Comment résumer ce film absurde, à la fois burlesque et tragique, passif et violent ? Le personnage principal se nomme David (Collin Farell), et il vient de se faire quitter par sa femme ; dans son monde, les célibataires ne sont pas tolérés ; ainsi un individu se retrouvant seul pour une quelconque raison a 45 jours à passer dans un hôtel pour trouver une compagne ou un compagnon. S’il échoue, il sera transformé en l’animal de son choix : David est d’ailleurs accompagné de son chien, feu son frère n’ayant pas réussi à se trouver de compagne…  

    On comprend vite que dans ce monde, il n’y a pas de place faite pour les nuances : dès son arrivée à l’hôtel, David, qui a vécu douze ans avec sa femme mais a eu une expérience gay lorsqu’il était à l’université, doit choisir s’il est homosexuel ou hétérosexuel. La solitude est à la fois présentée comme un danger pour soi et comme un retour à l’état animal. David, qui n’est pas très optimiste sur son sort, et a déjà choisi l’animal en lequel il voudrait être transformé : un homard, lobster en anglais. Tout le long du film, une voix mystérieuse de femme narre les évènements et les sentiments de David. Le film est en deux partie : la première a lieu dans l'hôtel, où les pratiques sont à la fois drôles et cruelles (un résident dissident ayant pratiqué l'onanisme, subira une humiliation matinale et devra pour expier sa faute mettre la main dans le grille-pain), le tout dans le cadre propre, clair et ordonné de cet hôtel intemporel. La deuxième partie est presque plus esthétique que la seconde : les scènes se déroulent dans la forêt, à la lumière naturelle. On y voit des animaux improbables, des paons, des dromadaires qui vaquent entre les arbres et le lierre, anciens humains condamnés à la vie animale parce qu’ils n’étaient pas parvenu à s’accorder avec autrui. On retrouve également l’actrice Léa Seydoux, en chef impitoyable de la tribu des Solitaires, où les règles sont presque plus absurdes que dans l'hôtel. La violence est plus évidente, elle n’est plus calfeutrée par la sophistication de l’hôtel ; allongé dans sa tombe, le visage mangé par les racines et la terre, jamais David n’a été plus proche de l’animal. 

    Le rythme est saccadé, difficile à suivre : les scènes s’enchaînent à un rythme lent, parfois presque statique, puis tout d’un coup surgit l’inattendu, le violent, l’absurde, le drôle, et le spectateur ne sait plus à quoi s’attendre. Car c’est cela que promet The Lobster : une perte de repères, des étonnements surfant sur un lac de beauté. La fin est à la hauteur du film, absurde, violente, perturbante ; comme si l’amour ne pouvait naître qu’entre deux êtres « d’une même espèce ».

     

                             22 :00 : foodtrucks et impressions

     

    Après le film, les partenaires du FIFIB se dirigent vers le cocktail qui leur est réservé, tandis que les invités et spectateurs vont se restaurer aux foodtrucks et s’installer pour les concerts. Deux foodtrucks, El Taco Del Diablo et WayoWayo, pour des prix modérés, proposent des tacos, fajitas, chili con carne et autres mets épicés à base de fruits, légumes et viandes locales et biologiques ; même la cuillère est biodégradable ! Seul bémol : les foodtrucks ne vendent pas de boissons ni d’eau, et le bar ne fournit pas d’eau.

    J’ai profité de ce moment d’accalmie pour interroger quelques spectateurs sur leurs avis et impressions sur le film. Si certains d’entre eux ont reproché au film ses longueurs et ont avoué avoir été mal à l’aise et fermé les yeux pendant les scènes de violence, tous ont salué son esthétisme (certaines scènes ont réellement l’air de tableaux), son esprit décalé et son scénario. L’un des spectateur l’a décrit comme étant « le théâtre de la cruauté ». The Lobster décrit les rapports humains jusqu’au paroxysme de leur absurdité.

     

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          22 :20 : DJ Set Dabeull



    Etant à la projection du film, je n’avais pas pu assister au set de JudahWarsky commencé à 21 heures. En revanche j’étais présente pour la prestation de Dabeull, que l’on sent fortement influencé par les années 80 et 90, avec de la disco, du funk, beaucoup de voix samplées et chantées pour un rendu mélodieux. On sent le travail sur les lignes de basses funky autant que sur les vocales ; il est d’ailleurs décrit comme le Magnum de la Fonk. Le public, calme au début, a commencé à se déhancher sur les instrumentales envoûtantes.

                          

     

    L'Opening de la 4ème édition du FIFIB - en partenariat avec ARTS in Bordeaux

     

          23 :30 : DJ Set Scratch Massive

     

    Scratch Massive joue sur les tonalités et les fréquences, sans se focaliser sur la basse. Il affectionne une certaine lenteur lourde, mélodique et hypnotisante, qui s’accélère parfois en même temps que notre rythme cardiaque ; on reconnaît bien là une touche purement électro. Sa musique est sombre, et l’artiste se décrit lui-même comme « deep dark electronic ». Le public, conquis par la bière du Bar à Pip (ou le café de l’Alchimiste !), s’est laissé envahir par le talent du DJ, et l’ambiance a fini de s’échauffer.

     

     

     

    C’est donc avec des images plein la tête et un peu mal aux pieds que les participants à l’Opening sont repartis à une heure du matin. Les visages étaient souriants, et les impressions excellentes pour cette soirée d’ouverture, laissant présager de très beaux moments à venir jusqu’au 14 octobre…

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  • Commentaires

    1
    catherine
    Lundi 12 Octobre 2015 à 23:44

    oh chouette....des commentaires intéressants sur le festival de Bordeaux....je trouve que c'est bien écrit, agréable à lire....bref, j'aime ça !  On voit une  culture musicale  certaine dans les commentaires musicaux.....he he ! 

    2
    Vendredi 16 Octobre 2015 à 21:17

    Un très beau billet ! Je te félicite !

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