• Les Vibrations Urbaines de Pessac

    Du 10 au 25 octobre 2015 a eu lieu la 18ème édition des Vibrations Urbaines de Pessac. Cet événement annuel depuis 1997, se présente comme un festival des cultures de la rue : il met à l'honneur la musique dans tout son éclectisme et son actualité, avec en programmation des artistes comme les Bloody Beetroots et Tha Trickaz, les sports de glisse avec des compétitions internationales de skate et de BMX, le street art avec l'exposition de Shepard Farey et des performances de fresques réalisées en live, et la danse avec l'organisation de battles de breakdance. 

    J'ai pu assisté avec ARTS in Bordeaux à plusieurs de ces événements, dont je vais vous parler ici ; c'est vraiment un beau festival, donc n'hésitez pas à vous y rendre l'année prochaine, surtout que la plupart des événements sont gratuits !

     

     

    Les Vibrations Urbaines de Pessac

     Photo : Jocelyn Trembleau

     

    Photo : mon portable (et ça se voit)

     

    L'exposition OBEY / Shepard Fairey – à l'Artothèque de Pessac du 13 au 29 octobre (gratuit)

    L'exposition, imaginée par Ulrich Deleppe et Valériane Mondot, s'est concentrée sur le travail sérigraphique du célèbre artiste américain Shepard Fairey. Initialement connu sur la scène du skateboard, il se met à 14 ans à dessiner et se fait connaître en 1989 pour la campagne de stickers Andre the Giant has a posse, mouvement street-art qui a abouti à la campagne Obey Giant en 1998. Celle-ci se dessine comme une parodie de propagande associé à une parodie de la marque capitaliste, et illustre l'attitude militante et engagée de Shepard Fairey : en 2004, associé à deux autres artistes, il réalise une série de posters « anti-war, anti-Bush » pour le collectif Post Gen, et en 2008 sa renommée devient internationale avec la création d'une série d'affiches en soutien à la candidature de Barack Obama aux élections présidentielles, qui lui a par la suite exprimé sa gratitude. Malgré son statut d'artiste reconnu, la police persiste à arrêter Shepard Fairey pour « graffitis », comme cela a été le cas à Boston en 2008 – l'artiste a été relâché sous caution.

     

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     Poster de Shepard Fairey "Anti-War Anti-Bush"

     

    L'exposition OBEY à l'Artothèque de Pessac présente donc une partie de l'oeuvre de cet artiste street-art majeur : on peut notamment voir des skateboards OBEY et ses premières toiles sérigraphiées pour Obey Giant. On ressent à chaque fois l'influence des images de propagandes sur ses œuvres, avec des couleurs fortes comme le noir, le blanc et le rouge, et des slogans percutants plantés au milieu des toiles. Les clins d'oeil historiques et culturels sont nombreux, et souvent détournés pour appuyer ses engagements pacifistes. L'influence de la pop culture et de la science fiction est palpable, mais l'artiste reste à la pointe avec un style street art affûté, efficace et élégant.

     

     

     

     Photo : Jocelyn Trembleau

     

    L'exposition « Man vs Wild » - à la Salle Exposition du Cinéma Jean Eustache, du 15 au 24 octobre (gratuit)

    Le Festival des Vibrations Urbaines a pour la 4e fois lancé son concours national d'art contemporain urbain, ouvert aux 18-35 ans résidant en France métropolitaine. Après sélection du jury sur les 86 participants, 15 artistes (A-MO, Aerosept, ALI, Gilen, Guillaume Henrich, Jaen, KEIM, Leyto, Livio Fania, Madame, Mickael Brana, Samnuts, SLY2, Vince, Waroox) ont du créer une œuvre unique sur le thème de « Man vs Wild : l'homme moderne face à la jungle urbaine», sur un support imposé.

    Les rendus et les styles sont variés, à l'image de l'unicité de chaque artiste. L'exposition procure un agréable sentiment de fraîcheur et de nouveauté, et il est difficile de juger quelle toile est la meilleure. Les trois lauréats sont choisis par le public et des jurés à la fin de l'exposition.

     

    Les Vibrations Urbaines de Pessac

     

    Les Vibrations Urbaines de Pessac

     

     

    Les Vibrations Urbaines de Pessac

    Photo : Jocelyn Trembleau

     

    Soirée Here I Come Spéciale VU – à la Salle Bellegrave le samedi 26 octobre, de 20h à 3h30 – 26€50 en prévente

    Pour la première fois, le collectif Here I Come, sous le label X-Ray Production, s'est associé aux Vibrations Urbaines pour une soirée de clôture sous le signe de l'électronique. La Salle Bellegrave, en plein centre de Pessac, a donc accueilli les têtes d'affiche The Bloody Beetroots et Tha Trickaz, et les artistes DJ Netik, Twinztrack, Reid Hope King et Soopa Highration. L'organisation logistique était impeccable : qualité sonore, visuels diffusés sur un écran géant derrière l'artiste sur scène, lasers et lumières en rythme... Tout était destiné à exciter un public déjà surmotivé.

     

    Photo : mon portable

     

    Bien que la grande majorité des participants soient venus pour Tha Trickaz et The Bloody Beetroots, le public ne s'est pas laissé décourager par l'attente avant l'arrivée sur scène des deux têtes d'affiches. Saluons notamment la performance de DJ Netik, qui a enchaîné électro, dubstep et drum'n'bass avec brio et a su faire honneur à son titre de champion du monde de DMC, en mixant des titres comme Intergalactica des Beastie Boys tout en sachant varier son style avec des samples du groupe hip-hop Run DMC. On sent l'influence de 2Many DJ's ou Beat Torrent. 

    Sont ensuite arrivés les deux membres masqués de Tha Trickaz, Pho de Dirtyphonics et Dj iRaize de Tha New Team. Leur musique, ode électronique à la diversité culturelle de notre époque, fait directement penser à des artistes comme Chinese Man ou Wax Tailor, avec lesquels ils ont d'ailleurs collaboré, et constitue un croisement réussi entre hip-hop, dubstep et électro. De véritables fans se trouvaient dans le public et ont su rendre honneur aux deux Dj's.

    Enfin, les Bloody Beetroots ont pris place sur une scène qui n'attendait qu'eux ; la soirée a su faire place belle aux artistes masqués. Ils ont su amener cette nuit électronique a son paroxysme avec  le puissant son électro-punk qui les caractérise, accompagné de riffs de guitares et de nombreuses distorsions, le tout dans un rendu acid et électro violent. Le groupe italien a fait vibrer la salle de Bellegrave jusqu'au bout de la nuit, jusqu'à faire oublier au public le changement d'heure...

     

     

     

    Live des Bloody Beetroots en 2009 sur leur track la plus connue, Warp 1.9

     

    Les Vibrations Urbaines ont donc joliment réussi à proposer un festival jeune, dynamique, éclectique, et à donner une visibilité et une attractivité à une street culture encore trop souvent déconsidérée et stigmatisée. Skaters, graffeurs, riders, danseurs et DJ's de tous bords ont su donner aux cultures urbaines l'image qu'elles méritent, grâce au travail remarquable de la Ville de Pessac et de ses partenaires. 

    « L'Opening de la 4ème édition du FIFIB - en partenariat avec ARTS in BordeauxTimothée Fargeaudoux, créateur d’Esprit Animal et de Coup de Crayon »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 9 Décembre 2015 à 15:01

    Très jolie expo en effet. Elle me rappelle c'elle qui était à Bordeaux cet été à l'ancienne école pour femme muette (je sais plus le nom) à coté du grand parc.

      • Vendredi 18 Décembre 2015 à 12:02

        Je n'ai pas eu l'occasion d'aller voir cette expo, mais si tu as plus d'informations n'hésite pas à m'en faire part !

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