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    Il n'y a pas qu'à Marseille qu'on voit grandir des rappeurs. Yudimah a 24 ans et des rimes plein la tête. Dans cette interview, il nous parle de sa musique, de ses inspirations et du milieu du rap à Bordeaux.

     

     

     

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    Peux-tu te présenter et nous parler un peu de ton parcours ?

    Je suis un artiste hip-hop né à Bordeaux. Je fais de la musique depuis neuf ans. J'ai commencé par faire deux ans de poésie, et avant ça je dansais. Je me suis mis au rap parce que c'est comme danser avec les mots, j'ai un peu lié les deux disciplines. J'ai grandi en étant influencé essentiellement par la musique afro-américaine. Ensuite, je me suis mis à faire des instru, puis à apprendre l'ingénierie son, de manière à pouvoir m'exprimer musicalement.

     

     

     

     

     

     

    Pourquoi ce nom, Yudimah ?

    C'est un anagramme. Je voulais un pseudo qui m'appartienne, sans que ce soit mon nom à proprement parler. Dimah, c'est aussi un prénom arabe mixte qui est symbolisé par la couleur violet. C'est une couleur parlante pour moi, parce qu'elle renvoie au détachement matériel, thème central dans ma musique. 

     

    Comment tu construis un morceau ? Tu commences par l'instru, par le texte ?

    Il peut y avoir plusieurs processus, ça dépend. En fait, j'aime bien laisser la spontanéité prendre sa place, je veux pas forcer les choses. Je pense pas à une instru spécifiquement pour un texte, je pose mes idées sur Cubase ou Ableton et je vois après. J'aime bien vomir un peu, tout balancer, et ensuite regarder et faire le tri. Parfois, ça peut arriver, j'ai un genre d'illumination, je sors de la douche, ou je me réveille, et bam ! Je compose la musique, je l'écris et l'enregistre dans la foulée. Il y a des musiques qui peuvent prendre un mois comme il y a des musiques qui peuvent prendre quinze minutes.

     

     

     

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    Tu rappes en français et en anglais, parfois au sein d'un même morceau. D'où est-ce que ça te vient ? 

    Au départ, je parle français et je rappe uniquement en français. En fait, j'ai tellement baigné dans la musique afro-américaine que c'était naturel et fun pour moi de tenter dans cette langue. Au départ c'était pour le fun, et aujourd'hui encore je prends pas du tout mon rap en anglais au sérieux ; mais vu que quand j'aime un truc, je le bosse à fond, c'est devenu une part de mon identité musicale. Comme on dit, on est ce par quoi on est inspiré, et j'écoute 90% de rap américaine et 10% de rap français.

     

    Si tu me devais me dire trois rappeurs américains qui sont incontournables pour toi, ce serait lesquels ?

    Je commencerais par Kanye West, parce que c'est le premier rappeur américain que j'ai vraiment étudié. C'est-à-dire que son flow, ses paroles... il a amené quelque chose, à l'époque de College Drop Out The Mixtape ou Late Registration dans les années 2000. C'est le premier aux Etats-Unis à faire du rap dans un contexte où tout le monde faisait un rap gangsta, et lui n'était pas gangsta du tout. C'était fort, c'était une révolution à ce moment-là ! Donc il a rajouté une certaine sensibilité, je dirais même une certaine vulnérabilité chez les rappeurs.  Je trouve que cette action-là est importante puisqu'elle a permis de libérer une expression totale dans le rap, les gens avaient peur, tu vois ? Quand je l'ai découvert, tout a changé. 

     

     

     

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    Donc Kanye West dans un premier temps. Ensuite je dirais Jay Z, parce que ce qu'il a fait, ce qu'il représente pour le rap, c'est comme un Zidane. Je peux pas parler de rap sans parler de Jay Z. Et ensuite, pour le troisième...

     

     

     

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    C'est difficile comme question ! J'ai envie de dire Drake, même si je suis pas fan de ce qu'il fait et représente en ce moment, parce qu'il a été plus loin que ce qu'a fait Kanye West, il a été encore plus fragile ! Mais je trouve qu'après l'album Nothing Was The Same, il est rentré dans un délire de "Je suis le meilleur, et je vous emmerde tous", du coup j'ai décroché. J'hésiterais en fait entre Drake et Lil Wayne. Lil Wayne, c'est un peu comme Jay Z, c'est quelqu'un qui a brisé certains codes dans sa manière de faire, et tout le monde aujourd'hui sonne comme Lil Wayne. Il a ouvert la voie pour tout le rap qu'on a aujourd'hui en 2018 ; sans lui, le rap d'aujourd'hui n'existerait pas. 

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah

     

     

     

    Et dans le rap français, tu peux me dire trois artistes qui t'ont marqués ?

    Le premier, que j'ai découvert après avoir écrit mes morceaux de rap français, c'est Disiz. Dans son discours, son approche du rap, sa façon de s'exprimer et de ses sujets, je me suis beaucoup identifié à lui. Ses paroles raisonnent beaucoup avec mon vécu.

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah 

     

     

     

    Ensuite, je dirais Booba. Je le trouve simplement très fort. Il est très vrai, encore aujourd'hui, après on aime ou on déteste. Comme Kanye West, Booba et lui sont très polémiques, mais ce sont deux artistes que je respecterai toujours, même si des fois ils disent des choses avec lesquelles je suis en total désaccord. Ils ont quelque chose qui manque absolument de nos jours, dans cette époque des réseaux sociaux illusoires, de spéculations, ce sont des gens vrais. Qu'ils fâchent ou pas.

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah 

     

     

     

    Et puis en troisième... c'est difficile, mais je dirais Salif, même si j'ai pas non plus énormément écouté. Je trouve qu'il a une très belle plume. Il a ce truc franc, lui aussi. 

     

      

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah

     

     

     

    Tu me disais avant l'interview que tu tenais à parler dans tes textes de sujets qui te tenaient à coeur. Pour toi, le rap c'est politique ?

    Je pense qu'un rappeur est toujours politique. Quand tu t'exprimes, même personnellement, tu exprimes une opinion. Et la politique, à la base ça n'a rien à voir avec ce qu'on peut y lier aujourd'hui ; quand on dit politique, on pense politiciens, alors que la politique initialement c'est la voix du peuple. Et ça englobe tous les sujets de société : à partir du moment où tu dis "je trouve que ce croissant est trop cher", tu fais de la politique ! 

     

    Donc tu t'estimes engagé ?

    Je fais attention avec ça. Si les gens estiment que je suis engagé, ça leur appartient ; moi, j'estime être juste moi. Je parle de choses à qui me tiennent à coeur, et j'essaye de m'exposer avec le plus de vérité possible, pas la vérité suprême mais ma vérité, sur le moment, ce que je vois, ce que je pense. Par exemple, l'épanouissement individuel et collectif, c'est un thème qui me tient à coeur. La haine, ça part de soi, de chaque être humain ; et il y a des problèmes individuels qui peuvent créer d'immenses problèmes qui nous concernent tous.  

     

     

     

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    Qu'est-ce que tu peux me dire sur la scène rap/hip-hop bordelaise ? 

    J'avoue que j'étais assez enfermé jusqu'à présent, je travaillais ma musique et j'ai un processus où j'ai besoin de d'abord arriver avec quelque chose pour ensuite le partager avec les autres. Donc j'ai pas trop connaissance de tout ça. Après il y a beaucoup de rappeurs bordelais que je connais : Keurspi, Deep et Igee, DRBX, Guezess, Beasty, Heypton... et il y en a encore beaucoup !

     

    Est-ce que tu penses que c'est plus difficile d'émerger dans le milieu du rap à Bordeaux, plutôt que dans des villes comme Paris ou Marseille où il y a une vraie tradition hip hop...?

    Oui et non. Ce qui est une tare est aussi une opportunité. Il y a moins d'institution, c'est vrai, donc on connaît peu d'artistes bordelais qui ont vu leurs noms dans le paysage national. Mais il y a aussi une opportunité, parce qu'il y a une scène à prendre.

     

     

     

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    Tu as fait la première partie de MHD et de Kalash, comment ça s'est passé ? Tu les as rencontré ?

    Kalash je ne l'ai pas rencontré, mais j'ai discuté avec MHD et c'est quelqu'un de très sympathique, très accessible, pas du tout prétentieux comme on pourrait s'y attendre au vu de son succès et de son âge. Et j'avais la pression, mais c'est mon boulot d'artiste ! (rires)

     

    Quel est ton meilleur souvenir de scène ?

    C'était une scène avec Keurspi, Deep et Igee, et d'autres copains. C'était à Blanquefort dans un tout petit événement, un festival street-art, avec du cirque et tout. Y avait peut-être une trentaine personnes, mais une énergie folle ! Ce qui compte, c'est pas d'avoir un million de personnes devant toi, c'est d'avoir l'énergie. C'est pour ça que mon album s'appelle Energy, parce que c'est la priorité absolue. On était tous dedans, y avait une espèce de transe vraiment, ce moment-là était mémorable.

     

     

     

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    Et ton pire souvenir de scène ?

    C'était un show à la Rock School Barbey, une de mes premières là-bas. Je passais en premier avant une quinzaine d'autres artistes, moi je faisais du rap américain et eux ils faisaient tous du rap français, en mode rap de quartier, tu vois ? Tout le monde était là pour voir la grosse tête à la fin ou ses potes sur scène, ils en avaient rien à faire de moi ! Y a même un moment où quelqu'un dans le public m'a dit de fermer ma gueule. Donc c'était le pire moment, au bout de trente secondes j'avais l'impression que ça faisait trente minutes que j'étais sur scène. Dans ces conditions-là, quand l'énergie n'est pas favorable, c'est difficile, mais ça s'est bien passé quand même !

     

    Dernière question : qu'est-ce que tu peux nous dire sur tes projets futurs ?

    Je viens de sortir mon album Energy, vous pouvez le trouver sur mon BandCamp, sur Amazon, iTunes, et sur toutes les plateformes de streaming. Pour les concerts, je peux pas encore vous donner une date, mais ça arrive bientôt ! Ensuite je vais me laisser une bonne année pour faire le prochain album, et je vais beaucoup évoluer. J'apprends le piano depuis un an, et je dois encore travailler, j'attends d'avoir un bon niveau pour donner un album qui aille plus loin musicalement. 

     

     

     

     

     

     

     

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    Depuis quelques années, on voit débouler à Bordeaux de nombreux véhicules écologiques à assistance électrique :  Bluecub, trotinettes, vélos... Certains sont disponibles à la location directement depuis une application, mais vous pouvez aussi acheter votre propre véhicule. Même les grandes marques s'y sont mises : BMW, Lamborghini et Peugeot proposent désormais des deux roues et voitures électriques qui associent propreté environnementale et technologies. 

     

     

     

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    Il peut cependant être difficile de faire son choix parmi tous les modèles qui affluent sur le marché. Lilibike est là pour vous aider à vous y repérer. Le site propose des infos et actus sur les deux roues électriques. Vous pouvez ainsi comprendre ce qu'est réellement qu'un vélo à assistance électrique (le véhicule dispose d'une batterie, d'un moteur qui ne fonctionne que lorsqu'on pédale et dont la puissance n'excède pas les 250 Watts, d'un contrôleur et de capteurs), vous décider entre un vélo de ville, un vélo pliant ou VTT électrique sur le guide d'achat, trouver les meilleures offres de location ou encore lire des tutos pour débrider son vélo électrique.

    Et ce n'est pas tout : Lilibike propose également de nombreuses bons de réductions comme pour Momentum Electric (mais aussi CRC, Chain Reaction, Momentum Electric, Norauto, Wayscral, Le Cyclo, Ultime Bike...)

     

     

     

     

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    Ces avantages s'additionnent aux subventions mises en place par la ville de Bordeaux : conditionnée aux resources, cette aide est destinée aux particuliers travaillant dans la métropole et peut atteindre 25% du prix d'achat. Selon le modèle, la prime est de 300 euros pour un vélo ou un tricycle à assistance électrique, 200 euros pour un vélo pliant et un tricycle, 450 euros pour un vélo cargo et 600 euros pour un vélo cargo à assistance électrique. Le système fonctionne, puisqu'en 2017, Bordeaux Métropole a versé plus de 450 primes vélos et déboursé près de 100 000 euros. Une assistance qui vise à dégager les voitures des rues de notre belle cité, et à promouvoir des modes de déplacements écologiques, insonores et inodores. 

     

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    Le Krakatoa est une salle de spectacle incontournable à Bordeaux. Située 3 avenue Victor Hugo à Mérignac, cela fait presque trente ans qu'elle accueille des groupes locaux et internationaux en ciblant à chaque fois des artistes éclectiques (avec quand même une dominance rock).

     

    C'est Didier Estèbe, alors manager de Noir Désir, qui fonde en 1990 l'association Transrock pour promouvoir les musiques amplifiées. Avec l'accord de la mairie de Mérignac, il choisit une ancienne salle des fêtes qu'il transforme en salle de concert et nomme Krakatoa, en référence au volcan de l'île de Java en Indonésie.

     

     

     

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    Le concept est double : produire des spectacles de qualité accessibles à tous, et accompagner la scène locale. En 1993, le Krakatoa a créé une pépinière afin d'accompagner des artistes émergents girondins, aujourd'hui plus active que jamais. Parmi les projets soutenus, on peut citer Odezenne, Les Hurlements d'Leo, Dätcha Mandala...

     

    Concrètement, chaque année un jury, constitué de l'équipe du Krakatoa et de professionnels extérieurs invités, choisit les groupes qui vont intégrer le dispositif pendant au moins un an. Les artistes bénéficient d'un soutien à la création, de liens avec le secteur musical et d'un accompagnement vers la professionnalisation.

     

     

     

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    L'équipe du Krakatoa est massivement impliquée dans l'action culturelle, et organise aussi des concerts lycéens, des goûters-concerts pour les enfants, des interventions de musiciens professionnels à l'hôpital Pellegrin, des ateliers dans des écoles... Avec en moyenne 45 concerts par an (sont déjà passés sur la scène de Mérignac Orelsan, les Wampas, Muse, Kid Francescoli, Fakear, DJ Shadow...), le Krakatoa fait bouger Bordeaux, et on lui dit merci pour ça !

     

     

     

     

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    Est-ce que vous avez déjà entendu parlé de la radio Le Protocole ?

    Fondée en 2018, cette web radio bordelaise a été créée par Amaury Laval et Louis Lenormand. Ces deux lycéens passionnés de musique sont bien décidés à remuer le milieu culturel et musical de notre ville. L'objectif ? Une play-list unique et éclectique tous les jours, une excellente qualité audio, une actualité sur les événements à Bordeaux, et zéro pub.

     

     

     

    Le Protocole : la web radio bordelaise qui cartonne !

     

     

     

     

    Avec Le Protocole, vous aurez donc droit 24 heures sur 24 à une programmation pointue, qui enchaîne des titres iconiques avec des morceaux d'artistes locaux. Matinales, reportages, before le samedi avant de sortir, after school les mercredi et vendredi pour se détendre après le travail... De quoi rythmer votre semaine de manière agréable !

    Chez Next on Bordeaux, on adore promouvoir ce type d'initiative. On peut d'ores et déjà vous annoncer de beaux projets avec ce média... ;) En attendant, vous pouvez aller faire un tour sur leurs pages Facebook et Instagram !

     

     

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    Lors du Climax Festival, nous avons eu la chance de rencontrer en conférence de presse le grand Mr Oizo, alias Quentin Dupieux.  Représentant international de la French Touch, le DJ a répondu à nos questions de manière cash dans sa loge où on venait de lui apporter deux bouteilles de champagne. 

     

     

     

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    Bonjour ! On va commencer par une question qu'on vous a déjà posé cent fois, comme ça c'est fait. D'où vous vient votre nom de scène et votre personnage d'oiseau jaune rigolo ?

     

    Dès le départ, j'ai trouvé que ça faisait plus chic d'avoir un pseudo, ça sonnait mieux. A la base ce personnage c'était une marionnette, tu mettais ta main dedans pour la faire parler, une gluf puppet. C'était un délire, on a créé un corps avec de la fourrure et on a fait un petit clip avec. Un producteur malin est tombé dessus, il a contacté une agence de pub qui développait une campagne pour Levis, et c'est parti comme ça.

     

     

     

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    Vous faites des films et de la musique, quels sont les liens que vous voyez entre ces deux univers ?

     

    Justement, ce sont deux mondes qui n'ont rien à voir, et c'est ça que j'aime. Mais en même temps il y a des similitudes. Quand je monte un film, il y a des rapports avec la musique, dans le rythme, les temps morts... 

     

     

     

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    Quelles sont tes sources d'inspiration ?

     

    C'est compliqué pour moi de répondre à cette question. Je n'écoute plus de musique. Plus jeune je passais ma vie à acheter des disques, j'ai tout balayé. J'ai choisi de faire plutôt que d'écouter. Aujourd'hui, je ne m'intéresse qu'à ce que je fais ; et même la musique que je fais, je ne vais pas l'écouter chez moi, ce serait de la torture ! (rires) Après l'inspiration vient autrement. A la base j'ai une culture de vidéo-clubs, vous ne connaissez plus ça aujourd'hui... Il y avait des films avec des jaquettes qui me faisaient complètement fantasmer, des films de série B interdits aux moins de 18 ans comme Massacre à la tronçonneuse. Des oeuvres crades mais riches cinématographiquement, très connectées à l'amateurisme. Là j'en suis à mon septième long métrage, et quand je tourne ou que je compose de la musique, j'essaie moi aussi de toujours garder une part d'amateurisme.

     

     

     

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    Un côté animal ?

     

    Voilà. Je ne me considère pas comme musicien, ma musique c'est des pulsions que je déteste maîtriser. Je ne fonctionne qu'à l'instinct. On peut quand même dire que ma musique est très liée au groove africain, à James Brown, à un truc sauvage qui gueule. 

     

     

     

     

     

     

    Tu fais de la musique électronique depuis 1997 ; quelles évolutions as-tu constaté dans ce milieu musical depuis ?

     

    Il y a eu plein de trucs déments, des courants qui sont morts ou qui ont perdurés... Depuis 1997 j'ai vraiment vu plusieurs vagues, l'électronique c'est une musique qui est toujours en mouvement. C'est pour ça que les puristes m'emmerdent ; je préfère ceux qui transforment, qui font de la musique un terrain expérimental. Les vieux trucs, j'adore, mais c'est vite ennuyeux.

     

     

     

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    Comment tu expliques le fait que les DJs de musique électronique sont beaucoup moins people que les artistes d'autres genres musicaux ? Vous portez souvent des masques, des costumes, on connaît rarement vos noms... 

     

    Déjà, mon histoire n'est pas comparable à d'autres. Je n'étais pas préparé au succès, quand ma musique a commencé à marcher j'étais un peu en panique, ça n'était pas naturel pour moi. Je me suis retrouvé dans une situation atroce de mise en scène, ça me mettait mal à l'aise. Aujourd'hui c'est différent, les artistes se créent leur image eux-mêmes avec leur téléphone, comme DJ Snake, et c'est clairement plus agréable que de se retrouver pris au piège en télé. Ça m'est déjà arrivé, c'est terrible. A un moment il faut toujours se montrer. Et pour répondre à la question, pourquoi les artistes électroniques se montrent moins, je sais pas... Dans le fond, c'est sûrement parce qu'on est des mecs un peu autistes avec nos ordinateurs, c'est pas joli à filmer (rires).

     

     

     

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    Tu te produis au Climax Festival, qu'est-ce que tu penses de cette écomobilisation qui vise à réunir musique et conférences pour provoquer une prise de conscience chez le public ?

     

    Pour moi, tout ça, c'est un peu une bouée de sauvetage qui se dégonfle. C'est notre dernier rêve d'humain, ça nous donne bonne conscience car on ne peut rien faire. Les gens continuent de faire n'importe quoi. Y aura toujours des cons, tout ça c'est vain, la baraque a déjà pris feu. C'est le bordel général, l'être humain fait que des trucs qui servent à rien, on participe au désastre en se donnant bonne conscience. On swipe trop vite, on passe à autre chose, les gens s'intéressent davantage à Kim Kardashian qu'à la planète. 

     

     

     

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    Pour terminer sur une note plus positive, quel est ton meilleur souvenir de scène ?

     

    J'en ai plein de très bons, je suis toujours content. Je me souviens quand même d'une date particulière en 2009 où c'est la première fois que j'ai été bon. Pendant longtemps j'ai été mauvais, mais comme j'étais avec le label Ed Banger Records, je remplissais des salles alors que je jouais mal. Sinon il y a aussi eu ce moment de grâce au Melt Festival en Allemagne. Le public était monstrueux, et DJ Fizz jouait après moi. Il avait contacté Technotronic sur MySpace pour mixer avec eux, et il était super anxieux parce qu'il ne les avait pas encore rencontré et n'avait pas eu le temps de parler du live. DJ Fizz arrive sur scène, et là il comprend qu'il a sous les yeux de faux Technotronic : c'était des mômes de 20 ans, rien à voir avec les vrais ! Il s'était fait avoir, les types allaient toucher la moitié du cachet sans rien faire ! Donc il a été obligé de faire semblant, il passait une de ses chansons, puis une chanson de Technotronic, et le public n'a rien grillé. C'était mémorable.

     

     

     

    L'interview de Mr Oizo : "Les puristes m'emmerdent"

     

     

     

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