• Terrenoire : "On cherche plutôt la bizarrerie"

     

    Terrenoire, c'est le projet musical de deux frères d'origine stéphanoise, Théo et Raphaël. Un joli mélange des genres, entre hip hop, chanson à texte et musique électronique, avec des paroles poétiques et une originalité appréciable. Le duo était en concert au Rocher de Palmer le 8 mars, en première partie du groupe Hollydays, et nous sommes allés le rencontrer.

     

     

     

     

     

     

     

    Terrenoire : "On cherche plutôt la bizarrerie"

     

     

     

    Comment en êtes-vous venus à faire de la musique aujourd’hui ? 

    Théo : Il y a eu plusieurs influences. Nos parents aimaient beaucoup la musique, ils nous ont poussé vers l’univers artistique. Je pense que l’objet voiture a été un catalyseur hyper important, et puis notre oncle nous a plus ou moins appris la musique.

    Raphaël : Notre oncle est musicien, c’est son métier. J’ai appris la guitare vers 10 ans, et ça a été déterminant à un âge où t’es en train de te construire. Donc j’ai eu cette possibilité d’un chemin artistique, la création a toujours été très importante, et nos parents nous ont laissé nous exprimer à travers tout ça. Et on a réussi !

     

     

     

    Terrenoire : "On cherche plutôt la bizarrerie"

     

     

     

    Bravo ! Vous êtes frères, vous avez tout de suite commencé à faire de la musique ensemble ?

    Théo : On a six ans de différence, donc il a fallu attendre que l’écart ne paraisse plus aussi important. C’est arrivé il y a quatre ans, avec les premiers morceaux de Terrenoire.

     

    Et c’est comment de faire des tournées avec son frère ?

    Raphaël : C’est très intense. On a un lien de fraternité, on ressent et on vit des choses similaires.

    Théo : On se soutient, il y a une gémellité qui fait que quand on produit les titres ensemble, on n’est pas dans la confrontation d’idées, ça avance assez vite.

     

     

     

    Terrenoire : "On cherche plutôt la bizarrerie"

     

     

     

     

    Justement, comment vous travaillez ensemble ?

    Raphaël : Moi j’écris les textes, puis Théo arrive avec une mélodie. Théo est plutôt le producteur, aux machines. Mais il y a certaines chansons dont Théo a écrit les textes. On enregistre partout car on a un studio mobile, donc on peut travailler où on veut, dès qu’on est inspiré.

     

    Terrenoire est le nom de votre groupe, et votre quartier d’origine à Saint Etienne. Dans quelle mesure ce quartier a influencé votre musique et votre parcours ? 

    Raphaël : Je ne sais pas jusqu’à quel point on se rend compte des choses qui nous influencent. Il y a vraiment une énergie stéphanoise, avec beaucoup de projets marqués par la musique électronique et l’importance de la langue, comme Zed Yun Pavarotti. Il y a un truc un peu profond qui est en ce moment en train d’émerger. Il y a une cassure en ce moment entre le côté très caricatural et traditionnel stéphanois, et un renouveau et un ras-le-bol des jeunes…

    Théo : Ouais, ils en ont marre d’être pris pour des ploucs et d’être rattachés à des valeurs qui ont plus de 50 ans.

    Raphaël : Il y a une énergie, une sincérité dans le geste artistique. Et puis un rejet de la validation parisienne, une insolence, une volonté d’aller vers des initiatives locales.

     

     

     

    Terrenoire : "On cherche plutôt la bizarrerie"

     

     

     

    Quelles sont vos sources d’inspiration ?

    Théo : C’est tout ce qu’on a écouté, aimé ensemble depuis notre enfance, toutes les influences qu’on a saisies. Je dirais beaucoup de classique, de musique sacrée ; on a aussi beaucoup écouté d’électronique, et on a ingéré le hip-hop au fil de notre existence.

    Raphaël : On a beaucoup écouté Kendrick Lamar. De la trap aussi. On a grandi avec le rap, c’est une musique qui s’est cristallisée en nous. Il y a aussi Bashung qui a été très important, dans sa poésie. En fait on recherche la singularité chez un artiste : on est pas trop des fan boys, on aime l’unicité. On ne cherche pas à ressembler à quiconque ; bien sur il y a des artistes qu’on admire, comme Prince, mais on aime l’originalité, on se demande ce qui signe ce qu’on fait.

     

    Et quelle est la signature de Terrenoire ? 

    Raphaël : Je dirais les productions, c’est un mélange de choses très électroniques et très hip hop. Il faut que ça nous émeuve. On cherche plutôt la bizarrerie et la singularité, on va tordre le cou à plein de choses.

    Théo : C’est la manière d’écrire, la voix, et oui, une certaine bizarrerie.

     

     

     


     

     

     

    Dans votre chanson La Pianiste, vous parlez de la jalousie qu’éprouve l’amoureux d’une musicienne vis à vis de son art. Est-ce que c’est difficile, quand on est passionné par un art, d’accorder du temps et de l’attention à autre chose ?

    Raphaël : Oui, la chanson parle exactement de ça. Elle est tordue, parce qu’au final c’est plutôt nous qui faisons vivre ça aux gens. L’inversion des rôles était plus facile dans cette chanson. On est toujours obsédé par la musique, le chant… et on a glissé dans cette chanson toutes nos influences, Maurice Ravel, Frank Ocean, Sakamoto, Bashung... Cette chanson c’est un peu de l’auto-fiction, c’est en ça qu’il y a du hip hop, on cherche des influences dans nos existences.

     

     

     

     

     

     

    Vous vous produisez ce soir au Rocher de Palmer, comment vous abordez cette prestation ?

    Théo : On l’envisage comme toutes les autres : on va s’isoler trente minutes avant le début du set pour faire des exercices de voix et de respiration, danser, se défouler, et ça va passer très vite une fois qu’on sera sur scène.

    Raphaël : Oui voilà, on va se préparer, moi je fais un genre de gymnastique basée sur la respiration, ça m’aide à me sentir bien. Là, on sort d’une résidence qu’on a fait à Saint Etienne, donc le spectacle a un peu évolué, on est très content de jouer au Rocher de Palmer ce soir. On a envie de rencontrer les gens, d’aller au contact du public. On a la chance de voyager avec notre musique, de travailler avec des talents présents sur tous les territoires.

     

     

     

    Terrenoire : "On cherche plutôt la bizarrerie"

     

     

     

    Pour conclure, quels sont vos projets futurs ?

    Théo : On tourne jusqu’en juillet. L’album est prévu début 2020.

    Raphaël : Et on sort deux morceaux dans quelques mois, deux chansons qui font le lien entre l’E.P et l’album, vers le Black Paradiso. Voilà, on réfléchit à un live particulier pour ça, avec des clips, on espère en faire parler dans les média.

     

     

     

     

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