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    A 2h10 en avion de Bordeaux se trouve un petit paradis sur terre : Split, deuxième ville croate par son nombre d'habitants.

     

     

    Split : l'Adriatique à deux heures de Bordeaux

     

     

    La ville est à taille humaine, et on peut en faire le tour en quelques jours. Le centre-ville, classé patrimoine mondial de l'Unesco, est d'une beauté à couper le souffle : chaque pierre est chargée d'histoire, chaque ruelle reflète la mixité culturelle dans laquelle a baigné la ville depuis des siècles.

     

     

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    En effet, Split a d'abord été sous domination romaine, ce qui explique la présence du sompteux Palais Dioclétien, érigé par l'empereur du même nom entre 294 et 305. Le palais est extrêmement bien conservé, car les habitants ont continué à occuper les lieux : dans les anciens appartements impériaux se trouvent par exemple aujourd'hui les chambres de l'hôtel Luxor, et on peut déjeuner de très bonnes pasta aux côtés des colonnades du péristyle. Dans les souterrains du palais se trouvent de nombreuses échoppes proposant souvenirs et spécialités de la côte dalmate. Vous observerez également les sphynx noirs ramenés d'Egypte, toisant les foules depuis plusieurs siècles.

     

     

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    Les monuments historiques, tels que la crypte, la cathédrale, sa tour et le temple de Jupiter (transformé en baptistère au Moyen-Âge) ont bien entendu été préservés, et il est possible de les visiter en payant 45 kunas (à peu près 5€). 

     

     

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    La ville et le palais se confondent pour mieux perdre le visiteur dans les méandres splitois. Après avoir visité le palais, la promenade se prolonge sur le port, où de nombreux bars et marchands se chargent de l'animation. 

     

     

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    La nourriture que l'on y mange ressemble beaucoup à la gastronomie italienne - peut-être cela s'explique-t-il par l'emprise qu'eu la République de Venise sur la ville de 1420 à 1797 ? Toujours est-il qu'on peut déguster un peu partout, et à peu de frais, des pasta, des risottos, des pizzas et des gelatti délicieux. On peut aussi goûter la cevapi, spécialité croate à base de viande de porc. Les fruits de mers sont bien entendus très présents, mais plus chers que les autres mets. Si vous voulez changer des habituels Coca Cola et autres Fanta, vous pouvez goûter le Pipi, boisson croate pétillante à l'orange qui permet en plus de mettre des légendes rigolotes sous ses photos Instagram (telles que : "aujourd'hui, j'ai bu du Pipi !").

     

     

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    A savoir qu'après la domination de Venise sur Split, la ville sera également sous domination napoléonienne (de 1805  à 1813), puis autrichienne (de 1867 à 1919). La Dalmatie sera aussi, pendant un temps, yougoslave - jusqu'en 1995, date de la fin de la guerre opposant la République de Croatie à l'Armée Populaire Yougoslave qui a fait plus de 40 000 morts et 500 000 réfugiés.

     

    Plusieurs plages sont accessibles à pied depuis le centre-ville de Split. La plus connue est la plage municipale de Bacvice : nombreux bars, restaurants, transats, aquaparks et attractions touristiques (paddle, pédalo, jetski, massages...). C'est une plage de sable, ce qui est rare sur la côte dalmate, mais elle est très vite bondée. On vous conseille de continuer sur la côte quelques dizaines de mètres, et vous arriverez rapidement à la plage de Firule, bien plus calme. 

     

     

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    Si vous désirez vous excentrez davantage, vous pouvez aller aux plages de Jezinac, Kasjuni ou Bene. Pour cela il faut se diriger vers la colline Marjan, à l'ouest de Split ; pour aller à la plage de Bene, comptez une heure depuis le centre-ville, tandis que pour vous rendre à la plage de Jezinac prévoyez à peu près 20 minutes. L'eau transparente vaut tous les maux de pieds du monde.

     

     

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    Dans les environs se trouve la galerie Mestrovic, du nom du sculpteur décrit par Rodin comme "son meilleur élève". Le sculpteur, avant de mourir, avait fait construire une demeure à l'effigie de son talent - ou de sa mégalomanie -, toute en colonnes et en pièces hauts de plafond. C'est aujourd'hui un musée qu'on peut visiter pour à peu près 40 kunas. Les oeuvres de Mestrovic sont tantôt torturées ou pleines de volupté, et ne laisseront aucun amateur d'art indifférent.

     

     

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    N'hésitez pas à vous promenez sur la colline Marjan, qui vous offrira bon nombre de panoramas à tomber par terre. Split est une ville généreuse : elle offre à la fois la grandeur des oeuvres humaines et la beauté de sa nature. Le ciel, les montagnes et la mer se mélangent et se reflètent, et la végétation verdoyante s'y mêle.

     

     

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    Dans les environs de Split, il est indispensable de se rendre à Trogir, ville médiévale également classée Patrimoine Mondial de l'Unesco, située sur une île d'un kilomètre carré (une demi-journée suffit donc pour la visiter). L'histoire est, là encore, présente à tous les coins de rues, de manière parfois tellement anodine qu'on dirait qu'elle a été oubliée là. La façade de la cathédrale, avec ses centaines d'animaux et apôtres sculptés, est impressionnante. La ville a un charme bien à elle, avoir son fort, ses statues, ses petits canaux et ses ruelles montantes. Vous pouvez rejoindre Trogir en une heure avec les ferrys de Bura Line, depuis le port de Split - comptez à peu près 66 kunas par personne pour l'aller-retour, soit moins de 10€. 

     

     

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    A une heure de Split en ferry également, se trouve le port de Supetar, situé sur l'Île de Brac. On s'y rend cette fois avec la compagnie Jadrolinija, sur des bâteaux de tailles bien plus conséquentes. Le voyage en bateau serait presque une activité à lui tout seul : les paysages sont, comme toujours, splendides, et les mouettes suivent le ferry en effectuant un ballet aérien plein de légèreté. Ne manquez pas le cimetière juif et son célèbre mausolée Petrovicz, près de la plage de Supetar.

     

     

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    Si vous désirez continuer à explorer les environs, vous pouvez aussi visiter le Parc National, à une heure et demi de Split en bus - on y trouve cascades, faune aquatique et végétaux rares. Sur le port, de nombreux stands proposent des excursions pour Blue Lagoon ou Blue Cave : attention, les prix proposés sont souvent bien plus onéreux que si vous choisissez d'organiser l'excursion par vos propres moyens.

     

     

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    Split est donc une ville pleine de richesses et de charmes, et la côte dalmate regorge de merveilles. Néanmoins, du fait de l'afflux massif de touristes ces dernières années, la ville s'est dotée d'un côté Ibiza qui pourra déplaire à certains et plaire à d'autres. Nombreux casinos et night-clubs, pas toujours de très bons goûts. Au complexe de nuit situé sur la plage de Bacvice, par exemple, l'une des boîtes à un son très mal réglé, tandis qu'en entrant dans une autre, la première chose que l'on voit est une femme nue dansant lascivement dans une cage en verre. Plusieurs organismes proposent également des soirées "tout-compris", où pour 20€ ils vous emmènent - vous et une centaine de jeunes en état d'ébriété - dans trois bars et deux nights clubs avec shooters et cocktails offerts. Leur slogan ? "The best night you will never remember" - la meilleure nuit donc vous ne vous souviendrez jamais. On aime ou on n'aime pas.

     

     

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    Enfin, ne soyez pas surpris si, durant votre séjour à Split, vous voyez plusieurs personnes, des croates souvent âgés, fouiller dans les poubelles et ramasser des bouteilles en plastiques. Il s'y est développé la même économie informelle qu'en Allemagne, fort bien expliquée dans cet article du Monde : en ramenant des déchets recyclables dans des zones dédiées, les "ramasseurs" reçoivent une modeste contribution (à peu près 25 centimes d'euros par bouteille vide). Il faut savoir qu'en Croatie, le salaire mensuel minimum est de 433,35€ par mois, et le salaire mensuel moyen de 600€. Le tourisme représente 25% du PIB croate ; le pays, qui ne compte que 4.6 millions d'habitants, accueille à peu près 12 millions de touristes par an.

     

     

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  • Fin août, je suis partie en voyage en amoureux à Porto. Nous voulions une ville où les prix n'étaient pas trop élevés, proche de la mer et riche culturellement. Nous n'avons pas été déçus ! Porto est une ville fourmillante de vie, située au nord du Portugal. C'est la deuxième plus grande agglomération du pays après Lisbonne. Pour autant, le centre-ville est à taille humaine, il est même relativement petit, ce qui permet de se déplacer essentiellement à pied.

     

     

    La ville est très vallonnée ; elle se situe au bord du Douro, et donne sur l'estuaire qui plonge dans l'Atlantique. Le centre-ville de Porto est magnifique, avec ses façades colorées, ses petites ruelles escarpées et ses points de vues.

      

     

    Le quartier de la Ribeira est le plus touristique, mais pas forcément le plus attractif, tant en terme de prix que de choses à voir. A Porto, le salaire minimum est d'environ 500€ ; on peut très bien manger pour 7€, et les prix des cocktails oscillent entre 3€ et 6€ (comptez 2€ pour un verre de vin). De nombreuses spécialités sont à goûter : beaucoup de poissons (dont la fameuse bacalhau), la typique francesinha (un sandwich à base de plusieurs fromages et viandes), les pastel de nata (des pâtisseries à base de crême qui se mangent au petit-déjeuner), et bien sûr du porto ! La viande n'est pas chère et souvent d'excellente qualité. En revanche, les restaurants font payer l'eau et le pain, et les accompagnements sont souvent constitués de riz ET de frites (scandale). Les prix des vêtements et cosmétiques sont autant, voire plus chers qu'en France.

    En se promenant simplement dans le centre-ville, la beauté de la ville saute aux yeux, entre les magnifiques façades en azulejos et les intérieurs somptueux de la multitude d'églises et de cathédrales. La gare de Sao Bento, qui est toujours desservie, est également à voir.

     

     

     

    Après avoir traversé le pont Dom Luis II dessiné par Gustale Eiffel, le téléphérique vous élève au-dessus de la ville et vous emmène au Jardim do Morro, superbe coin de verdure offrant un panorama exceptionnel sur le fleuve et le centre historique. Juste à côté, vous pourrez visiter le Mosteiro da Serra do Pilar, un monastère datant du XVIIe siècle, pourvu d'un superbe cloître.

     

     

     

    Dans le quartier de Miragaia, nous avons visité les expositions gratuites du Centro Português de Fotografia, qui se situe dans le bâtiment de l'ancienne prison. Lorsque nous y sommes allés, deux expositions avaient lieu : l'une très contemporaine reprenant le thème de l'enfermement, et l'autre plus classique, dévoilant des photos du Porto des années 30 et 40.

     

     

     

    Plus à l'est, dans le quartier de Massarelos, se trouve le Jardim do Palacio de Cristal, qui nous a réellement tapé dans l'oeil. En plus de ses points de vue, on peut y voir des paons se promener en liberté, y admirer ses mosaïques, ses bassins, ses nénuphars, ses roseraies et son musée Romantico. C'est un excellent endroit pour se reposer du dynamisme un peu épuisant du centre-ville, et prendre une pause sur un banc ombragé. Juste à côté se trouve la rue Miguel Bombarda, très branchée, qui donne à voir ses boutiques hype et ses galeries d'art. 

     

     

     

     

     

    Une fois que vous aurez épuisé le centre-ville, ses églises et ses musées, vous aurez probablement envie d'un peur d'air pur et de calme... Deux choix s'offrent à vous : Foz de Douro ou Afurada. Le nombre de touristes y diminue drastiquement par rapport au centre-ville, où on entend plus souvent parler anglais, espagnol ou français que portugais.  Pour se rendre à Foz de Douro, le quartier balnéaire de Porto, il suffit de prendre le bus, ou le tramway d'époque datant de 1886. Si les bâtiments et l'architecture laissent à désirer, la côte est magnifique, toute dentelée de rochers malmenés par un Atlantique agité. On peut se promener jusqu'au phare et visiter le petit marché de Foz, qui propose des produits typiques et des vêtements et bijoux artisanaux. 

     

     

     

    De l'autre côté de l'estuaire (accessible en ferry pour 1.50€ par personne, près du Ponte da Arrabida), à Afurada, vous trouverez un Porto plus typique et plus préservé, avec son lavoir à l'ancienne et son linge séchant au vent. Dans ce quartier de pêcheurs donnant sur le port, le temps semble avoir été ralenti, adouci par les embruns et l'air iodé. En prolongeant à pied le long de l'estuaire, vous trouverez la réserve naturelle de Porto, où on peut observer des oiseaux. Plus loin encore, on arrive à de gigantesques plages de sables balayées par le vent marin, où la violence des embruns empêche presque de se baigner et où les portugais se retrouvent pour pêcher. 

     

     

     

     

     

    Avant de conclure notre séjour, nous avons souhaité goûté à la vie nocturne de Porto. Tous les jeunes nous avaient conseillé les Gallerias, qui sont en fait trois rues parallèles du centre-ville essentiellement occupée par des bars. A partir du jeudi jusqu'au samedi soir, les gallerias sont peuplées de fêtards cosmopolites et enjoués. Il y règne une très bonne ambiance ; on peut fumer dans la plupart des bars, et y écouter des styles de musique variés, l'atmosphère changeant totalement d'un bar à l'autre. On peut ainsi passer d'un rock seventy à une techno énervée, en passant par la musique commerciale, la house, le reggae et l'électro. Contrairement à beaucoup de lieux festifs français, nous n'avons pas ressenti dans les gallerias une ambiance glauque ou dangereuse, au contraire ! Les gallerias sont un incontournable de Porto. C'est là-bas que se trouve également le Plano B, boîte de nuit réputée de la ville.

    Enfin, si la plupart des musées de Porto ne sont pas dédiés à l'art moderne ou contemporain - excepté le musée de Serralves, et le centre national de la photographie -, les rues de la ville regorgent d'oeuvre de street-art de grande qualité. Porto est pourvu d'un dynamisme et d'une jeunesse qui ne demandent qu'à s'exprimer, pour le plus grand plaisir des yeux.

     

     

     

     

    Porto est donc une ville très vivante, qui mérite amplement une semaine de visite ; en dix jours, vous aurez le temps de retourner dans les endroits qui vous ont plu et de flaner. En revanche, si vous n'y passez qu'un week-end, il faut absolument que vous sortiez du quartier de la Ribeira, qui ne reflète pas le "vrai" Porto. Et si vous devez choisir entre Foz do Douro et Afurada, nous avons de notre côté préféré Afurada, plus tranquille et plus typique.


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  • Au mois de juin, je suis partie au Maroc avec de la famille. Durant un peu plus d'une semaine, j'ai parcouru le pays du centre au sud (de Marrakech à Sidi Ifni), des montagnes à la côte. Je ne pensais pas qu'un tel dépaysement était possible à moins de deux heures d'avion.

    Le changement était déjà brutal à l'arrivée à Marrakech : tout d'un coup il faisait 40°C, et tout était différent. Marrakech est l'une des villes les plus importantes du Maroc ; on y trouve la célèbre place Jemaa El Fna, peuplée à toute heure de ses marchands, chanteurs, cascadeurs, danseurs et mendiants - c'est également sur cette place qu'a eu lieu un attentat en 2011, ciblant à la bombe le café l'Argana. Marrakech est une ville bruyante, jamais réellement endormie, où les sens sont sans cesse sollicités. Face aux devantures du souk regorgeant de bijoux et de poteries, il faut prêter l'oreille - ou pas, c'est parfois la meilleure solution - aux marchands qui vous apostrophent tout en évitant les scooters qui filent à toute allure dans les ruelles zigzagantes de la médina. 

     

     

    Mais Marrakech n'est qu'une des nombreuses facettes du Maroc : en quelques heures de route, la ville est loin et les sommets du Moyen-Atlas se dessinent. Nous nous sommes rendus à Aït Bouguemez, minuscule village berbère perdu dans la "Vallée Heureuse" ; pas de wi-fi, pas de réseau, et pour l'immense majorité des habitants, pas d'eau courante ni d'électricité. Petit rappel des réalités garanti. Les femmes lavent le linge dans la rivière et travaillent avec les hommes dans les champs, dotés d'un système d'irrigation complexe. Les paysages de cette région sont magnifiques : tandis que la vallée verdoyante s'étend aux pieds des montagnes, à leurs sommets ocres sont juchés d'anciens agadir (greniers). Visiter les alentours d'Aït Bouguemez donne aussi à voir la culture berbère, qui se libère peu à peu de l'oppression arabe. 

     

     

     

     

    Nous avons ensuite roulé jusqu'à Essaouira, ville portuaire et très touristique. Le contraste entre l'opulence dynamique d'Essaouira et le quasi-abandon des villages des montagnes permet de saisir une partie des différentes nuances du Maroc. Essaouira est une ville magnifique ; si vous y allez, je vous conseille de faire un tour le matin dans le marché aux poissons, sur le port. Cela permet de sortir un peu de la médina, dont les rues sont presque uniquement peuplées de boutiques et de touristes, et de voir les pêcheurs revenir au port et disposer leurs poissons tout en chassant les (nombreux) chats errants. 

     

     

     

     

    Nous sommes ensuite descendus au sud, à Sidi-Ifni, à une heure et demie d'Agadir. Sidi Ifni est une petite ville balnéaire beaucoup plus calme qu'Essaouira. Les touristes n'y sont pas nombreux, et la vie y est paisible. Du fait du temps qui semble s'être ralenti, on peut pleinement goûté au savoir-vivre marocain. C'est en effet l'un des éléments qui m'a le plus marqué au Maroc : les gens sont chaleureux. Avenants. Cordiaux. Et il ne faut pas le voir comme une tactique commerciale : les marocains sont gentils, ils ont la conversation facile. En est pour preuve que le conducteur d'une voiture 5 place nous a fait monter à bord alors qu'elle comptait déjà quatre passagers et qu'il faisait atrocement chaud.

     

     

     

    Sidi Ifni est une ancienne colonie espagnole, et elle en a gardé des vestiges d'architecture Art Déco. Si la plage de Sidi Ifni est agréable, celle de l'Egzira - accessible en vingt minutes de bus - est plus renommée : on y trouve du sable fin, et cette sculpture de roche naturelle qui la caractérise. Sidi Ifni offre un compromis entre l'euphorie épuisante des villes marocaines touristiques, telles que Marrakech et Essaouira, et le calme abandon des bleds. Sidi Ifni est également connu pour ses spots de surf. Si vous souhaitez y séjourner, je vous conseille la Maison Xanadu, qui propose des prestations de qualité sans dépareiller dans le paysage local et dont le gérant est francophone.

     

     

    Je conclurai cet article par un sujet un peu plus sensible : comment se passe un voyage au Maroc quand on est une femme ? On a tendance à dire que dans les lieux touristiques, les tenues "à l'occidentale" sont banalisées : à Marrakech ou à Essaouira, on voit nombre de femmes étrangères en short, débardeurs et sandales. Néanmoins, cela n'empêche pas certains regards réprobateurs ou aguicheurs, de la part des hommes comme des femmes marocaines. De manière générale, mieux vaut éviter les tenues moulantes et courtes si l'on ne veut pas se faire remarquer. Il faut également savoir qu'au Maroc, les femmes se promènent rarement seules et ne traînent pas dans les cafés et les rues à la nuit tombée. Il est bien sûr possible d'aller et venir seule, mais il faut s'attendre à se faire régulièrement alpaguer par des hommes, le plus souvent sur un mode très cordial et bon enfant mais souvent insistant. La condition des femmes est en pleine évolution au Maroc, où le roi Mohammed VI a engagé plusieurs réformes, notamment contre le mariage forcé ; mais, comme on dit, les traditions évoluent moins vite que les lois. Cela n'empêche pas le Maroc d'être doté d'un patrimoine culturel extrêmement riche, et d'un art de vivre semblable à nul autre.

     

     


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