•  

    Ogach est le chanteur du groupe à succès Jahneration qui se produira le 3 mars 2018 au Rocher de Palmer, à Cenon. Avec son acolyte Théo, ils ont fondé le groupe il y a maintenant dix ans ; ils partent désormais en tournée avec quatre musiciens et sept techniciens. Rencontre.

     

     

     

     

     

     

    Pourquoi ce nom, « Jahneration » ?

     

    C’est un jeu de mot qu’on a trouvé au début du groupe, il y a dix ans. Pendant notre période de découverte du reggae, on a été très touché par la philosophie rasta qui en émanait. A la base on vient du rock, et le switch d’un genre musical à l’autre s’est en partie fait grâce à cette philosophie. On voulait garder dans notre nom un clin d’œil rappelant d’où on venait, pour dire qu’on ne fait pas de la musique pour faire de la musique, on a un message derrière qu’on promeut dans nos chansons. Ce message c’est de tendre vers l’ouverture, la diversité, l’accomplissement.

     

     

    Comment décririez-vous votre style musical ? Car votre reggae a quelque chose d’innovant…

     

    Le premier mot qui me vient à l’esprit est « hybride ». Comme tu l’as dit, le reggae est notre ligne principale, mais on y ajoute parfois de la pop, parfois de l’electro… En général on se décrit comme « reggae hip-hop », notamment en termes de chant. Théo est plus dans le côté reggae, et moi dans l’aspect hip-hop, avec des parties rappées. On écoute tellement du tout, toutes les musiques de nos générations, et on injecte ce qui nous plaît. Et je pense que c’est ce que les gens aiment, parce qu’on a beaucoup de retours positifs ces trois dernières années sur notre éclectisme, et le fait qu’on ne fasse pas de la musique que pour un public exclusivement « reggae ». On a un public diversifié, parce que notre musique l’est aussi.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    D’où vous est venue l’envie de faire de la musique ?

     

    A l’adolescence, vers 13-14 ans. Théo et moi nous connaissons depuis le collège ; à l’époque je faisais de la guitare et Théo du piano. On a fondé un premier groupe à cette époque, puis on a switché de style musical au lycée. La musique fait partie de nous depuis longtemps, on a toujours eu des âmes de musiciens, petit je chantais sans arrêt, et Théo aussi ! Je me souviens de vacances où on faisait tout le temps de la musique ensemble. On est complémentaire sur ce point.

     

     

    Vous vous êtes notamment fait connaître par le tube « Me nah fed up », pouvez-vous me parler de ce morceau ? Qu’évoquent les paroles ?

     

    C’est un de nos premiers morceaux sortis. C’était une collab avec notre cher confrère Naaman, qui est maintenant une tête d’affiche du reggae en France et en Europe. En fait on était tout jeunot, on voulait faire de la musique, et du coup on a contacté Naaman qui a accepté de nous rencontrer pendant une journée. Je me souviens, on avait fait une vidéo filmée à l'arrache… Bref, on a fait ce son ; l’intru a été composée par Théo et moi, a tous enregistré nos voix dessus et c’était parti. Le morceau a rencontré un joli succès. Cette chanson raconte ça : notre envie de faire de la musique, notre énergie, nos ambitions, notre volonté de profiter de la vie. C’est un morceau très sincère.

     

     

     

     

     

     

    Quelles sont vos inspirations ?

     

    Il y en a énormément… Un duo qui a été pour nous une révélation, qui nous a vraiment marqué, c’est l’album de Damian Marley et Nas, « Distant Relatives », sorti en 2010. On a été charmé par la couleur de l’album, à la fois reggae, world et hip-hop. On les a vu en concert, on est des grands fans, ça a été une influence déterminante pour nous. Et puis il y a aussi Alborosie, beaucoup de reggae jamaïcain, Kabaka Pyramid… On a aussi écouté beaucoup de punk-rock californien, comme Blink182, qui nous a énormément inspiré dans les mélodies, les harmonies de voix.

     

     

    Vous avez fait une tournée en Inde, pourquoi ce pays ?

     

    C’était un heureux concours de circonstance ! On travaille avec Ovastand depuis trois ans, et en fait un des bookers a eu le contact d’une dame chargée d’organiser des tournées en Inde, elle devait implanter des groupes occidentaux dans le pays car cette scène y est peu développée. On nous a donc proposé de partir en Inde avec plein d’autres groupes, et on a dit oui ! C’était la première fois qu’on partait à l’étranger tous ensemble, ce sont des moments qui soudent le groupe. On a toujours été très bien accueilli.

     

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "jahneration"

     

     

     

    Quelles sont les différences entre les publics indiens et français (s’il y en a) ?

     

    Il y a pas mal de choses qui changent. Les publics indiens devant lesquels on a joué découvraient pour la plupart la musique reggae live pour la première fois. Il y a un seul festival reggae en Inde, le Goa Sunsplash, et deux groupes de reggae connus. Donc les gens ne savaient pas trop comment réagir à cette musique, comment danser dessus… Mais dans le fond les publics français et indiens ne sont pas si différents : ils sont là pour passer un bon moments, et dans les deux pays on a eu beaucoup de retours positifs. Ça a été très fort pour nous, cette tournée.

     

     

    Comment appréhendez-vous votre date à Bordeaux, le 3 mars 2018 ?

     

    Ça fait plusieurs fois qu’on vient, et on est jamais déçu ! On a déjà joué au Reggae Sun Ska, c’était assez exceptionnel, on faisait la clôture le dimanche à 20 heures. C’était très fort symboliquement, on adore cet événement, on y était déjà venu plusieurs fois en tant que festivaliers. On a aussi joué à la Rock School Barbey et au Krakatoa, c’était de belles soirées à chaque fois, avec des plateaux cohérents. Bordeaux est une super ville, à chaque fois on a été très bien accueilli et on a hâte de revenir.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour conclure, quels sont vos projets futurs ?

     

    On repart en tournée à partir du 1er mars, et Bordeaux est l’une de nos premières dates. Ça va être une belle tournée d’été, avec des dates en festivals comme en clubs. Ça va nous prendre pas mal de temps. L’autre gros projet de l’année, ce sont les Mic Session. C’est un concept qu’on a lancé il y a plusieurs mois, on fait des vidéos et un artiste surprise arrive au milieu. On en fait assez régulièrement. Et puis quand on aura fini la tournée… On fera une pause et on enchaînera sur un second album !

     

     

     

     

     

     

     

    _________________

    Pour plus d'infos, de photos et de jeux concours, suivez Next-Bordeaux sur Facebook et Instagram !

     

     

     

     


    2 commentaires
  •  

    Nous avons rencontré Marjolaine Karlin, membre du groupe de musique réunionnaise Wati Watia Zorey Band lié au groupe Moriarty, qui se produisait samedi à l'Espace Culturel de Créon. Un souffle chaud sur notre ville frigorifiée !

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "wati watia zorey band"

     

     

     

    Bonjour ! Pouvez-vous vous présenter ?


    Bonjour, je m'appelle Marjolaine Karlin, cofondatrice du groupe Wati Watia Zorey Band. Ce groupe est à géométrie variable. A l'origine le groupe s'apppelait L'Amicale Maloya Zorey, il y avait cette idée de convivialité, de se retrouver entre musiciens et d'essayer de jouer de la musique réunionnaise alors qu'on n'était pas du tout réunionnais. D'année en année le projet s'est étoffé, ça fait maintenant 8 ans qu'on l'a créé et aujourd'hui on est en tournée.

     

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "marjolaine karlin"

     

     

     


    D'où vous est venue l'envie de faire de la musique réunionnaise ?


    Un jour on m'a fait écouter de la musique réunionnaise, et ça a été une énorme claque. J'ai entendu un appel dans cette musique, comme si tout à coup je voyais une source d'inspiration beaucoup plus riche musicalement. ça correspondait à un besoin, par rapport à mes envies harmoniques, mon goût de la poésie, j'ai été à la fois comblée et sidérée. ça a été la même chose pour la plupart des musiciens du groupe.

     

     

     

     

     

     

    Parlez-nous de votre projet actuel...


    Ce sont en fait des reprises d'Alain Peters, on s'est inspiré du séga réunionnais, on a puisé dans le répertoire traditionnel et du XXe siècle mais aussi dans la musique française moderne. On a vu qu'il y avait des ponts à faire.

     

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "alain peters"

     

     


    Vous rendez hommage à Alain Péters, pouvez-vous nous parler de ce chanteur réunionnais ?


    C'est un chanteur des années 70. A la base c'est un bassiste qui ne chantait pas, il était surtout intéressé par la vague psychédélique, avec les Beatles, Led Zeppelin. Il a ensuite fait des boeufs avec des musiciens de l'île, puis il a accompli un virage où il s'est autorisé à écrire en créole. Il est aussi allé vers un versan plus mystique de La Réunion, avec le maloya notamment. Une rencontre lui a ensuite amené une takamba, la guitare traditionnelle réunionnaise, et il a quitté les rivages trop fréquentés des musiques pop anglo-saxonnes pour chercher ses propres racines.


    Que signifient les paroles de la chanson Rest’a maloya ?


    C'est un état des lieux, une confession dans laquelle Alain Peters s'adresse à sa mère, dit qu'il sait qu'il n'a pas toujours été un bon fils, un bon mari. Il se met à genoux, parle à dieu. Il s'adresse au maloya avec une extrême sincérité ; il s'en remet à la musique, à sa foi dans le maloya. C'est une musique emblématique de l'île de la réunion, ça parle aussi de l'ambiance qu'il y avait quand il y vivait.

     

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "alain peters rest la maloya"

    Quels sont vos projets futurs ?


    Notre public est surtout français, mais on veut découvrir le public réunionnais et la tournée sur l'île est en projet. On laisse venir les choses la plupart du temps, on va essayer d'allonger un peu la tournée. Parallèlement, j'ai deux autres projets : il y a un cirque dont j'ai fait la musique, les Princesses, qui seront à Bègles du 15 au 17 décembre. Je sors aussi un album, Ta too too ta, j'aime bien ce titre parce qu'en le prononçant les gens font déjà du maloya.

     

     

     

    _________________

    Pour plus d'infos, de photos et de jeux concours, suivez Next-Bordeaux sur Facebook et Instagram !

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Elephanz, c'est le groupe qui fait des tubes que tout le monde connaît, mais sur lesquels peu sont capables de mettre un nom. Hier soir, mardi 7 novembre, nous avions rendez-vous avec le duo fraternel fondateur du groupe, Jonathan et Maxime Verleysen. Avant un concert électrique et éclectique, tout en finesse et en énergie, Elephanz nous parle de son deuxième album éponyme, de son rapport à la musique et de leur complicité. Un groupe à suivre.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

     

     

     

     

    Bonjour ! Vous vous êtes fait connaître avec votre tube Time for a change, vous venez de Nantes, et vous venez de sortir votre deuxième album, Elephanz. Pourquoi avoir choisi d’intituler votre deuxième album au nom du groupe ?

     

    Jonathan : Parce qu’on a créé ce deuxième album un peu comme a écrit nos premières chansons, il y a huit ans, qu’on publiait sur Myspace à l’époque – on parle vraiment d’une vieille époque.

    Maxime : On s’est un petit peu recentré sur nous. Après le premier album, la tournée avec Maxime, on a eu besoin de retrouver les mêmes sensations. Du coup, cet album fait un petit peu dans l’intimité, on a eu envie de le présenter comme une nouvelle image d’Elephanz. Et du coup après Ideal Room mate, Stereo, Time for a change, on a eu envie de commencer un nouveau cycle.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

     

    Et qu’est-ce qu’il offre de neuf, justement, votre deuxième album par rapport au premier ?

     

    Maxime : On ne l’a pas composé de la même manière, c’est-à-dire que le premier album avait été fait sur une bien plus longue période, c’était des espèces de… de cris du cœur, c’était d’une certaine manière plus jeune. Et là on l’a composé avec des mantras, des dogmes, en se disant : cette fois-ci on ne va pas accumuler autant de couches sonores, on va épurer, on va faire un travail de focus.

    Jonathan : On a eu besoin de se limiter dans les moyens, comme les surréalistes en fait, la poésie sous contrainte, avec ici un quatrain, là un sonnet, un thème et des rimes en -udes, nous on a eu besoin de faire un peu ça. On l’a fait un petit peu juste tous les deux, avec un ordi, une basse, une guitare, un clavier, et tout l’album vient de ces petits moyens. La synthétique électro qu’on a développé dans cet album, elle est permise par ces petits moyens : dès qu’on a une idée, on peut l’appliquer tout de suite, on joue nous-mêmes toutes les lignes. C’est beaucoup plus en contrôle. Plus focus. Et je pense qu’à l’écoute, on ne sent pas forcément ces contraintes qu’on s’est mis, parce qu’il est assez dansant et un peu éclatant, mais on avait besoin de ce travail.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A la base vous étiez juste tous les deux, vous avez intégré ensuite deux autres membres, Thibaud Vanhooland et Clément Plaza-Hilland…

     

    Jonathan : Oui, Thibaud a été notre bassiste pendant sept ans, maintenant il fait un projet en solo. Et Clément joue avec nous ce soir, il est à la batterie.

     

     

    Ça a été facile de sortir de ce duo fraternel pour travailler avec d’autres personnes ?

     

    Jonathan : Pour être tout à fait honnête, Elephanz ça n’a jamais été une démocratie, c’est toujours une gentille tyrannie de Maxime et Jonathan. Du coup on a pris des copains, parce qu’on savait qu’on allait pouvoir indiquer un petit peu la route qu’on voulait suivre, et qu’ils nous suivraient. Ça a été plutôt un échange d’énergie et de copinage hyper fort, la première tournée qu’on a fait à quatre elle nous a marqué à vie, parce que… parce que c’est des moments d’échange entre quatre bonhommes que peu de gens connaissent sur cette terre. Quand il a fallu remplacer Thibaud, on s’est dit qu’en fait vu l’album qu’on venait de faire, on allait être très bien juste avec un batteur derrière nous qui nous donne l’énergie et la vibe dont on a besoin pour être sur scène. On est quand même des gros… au départ en tous cas on a pas mal le trac avec Maxime, et y a rien de tel qu’une batterie qui frappe pour te faire tenir debout sur scène.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

    Quatre ans se sont écoulés entre vos deux albums, vous avez fait quoi pendant tout ce temps ?

     

    Jonathan : Eh bien… On a tourné pendant un an et demi, deux ans. On a écrit dans une barraque au bord de la mer pendant quasiment six mois, un an, et on a enregistré pendant un an et demi.

     

     

    Comment vous composez ensemble ? Est-ce qu’il y a un de vous deux plus porté sur les paroles, l’autre sur la composition de la mélodie… ?

     

    Maxime : La composition, on a toujours procédé comme ça, on n’a pas changé ça dans le deuxième album : en fait, on commence de manière très épurée avec une base harmonique qui est jouée avec un piano ou une guitare, instruments qui maintenant se jouent sur ordinateur très facilement.

    Jonathan : Dis donc la vérité, qu’on a tout piqué à un vieil ami… (rires) Au vieil indien !

    Maxime : Ah, le vieil indien…

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

    Quel vieil indien ? C’est une private joke ?

     

    Jonathan : C’est un marronnier qu’on ressort à chaque interview quand on ne sait plus vraiment quoi répondre. Donc on dit qu’on a tout piqué à un vieil indien.

    Maxime : Mais en fait, voilà, dans la composition on est très marqué par la pop, donc on a des chansons qui, si tu enlèves couche par couche et que tu gardes juste la base harmonique et la mélodie, la mélodie ça reste des chansons folk, presque, tu vois ? On est un peu marqué par ça. Après… quand on a ce socle, la mélodie, tout ça, on l’habille, on essaye d’en faire quelque chose d’actuel ou… Bon Jonathan voulait faire le son de 2020, donc on s’est pris la tête, je lui ai dit que 2020 ça ne marcherait pas en 2017. Et puis d’autres fois on envoie valser tous les codes et on fait juste du piano, comme dans Catcher in the rye, où on a vraiment envie de dire « the F word », et de revenir à du Elton John quoi.

    Jonathan : Ouais, pour paraphraser Maxime, parce que je n’ai pas tout écouté, l’un emmène une mélodie, l’autre la complète, on est très complémentaires. On a beaucoup confiance dans l’avis de l’autre, et comme on est entre frères c’est assez facile de dire à l’autre « ça marche pas », ou « ça m’intéresse pas », « c’est moche », ou alors « ça me plaît beaucoup »… C’est assez génial, la musique, parce que parfois quand Maxime amène des chansons, qu’on y travaille un petit peu, une heure ou deux, le soir je suis euphorique : je trouve qu’on a créé de rien quelque chose qui me fascine, qui me plaît. C’est vraiment pour ça qu’on fait de la musique, pour cette énergie, le fait de créer d’absolument rien quelque chose qui est chantable, que tu vas pouvoir fredonner, et qui va pouvoir devenir la bande son de pas mal de gens.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

    A quel âge vous avez commencé à faire de la musique ensemble ?

     

    Jonathan : On a fait de la musique assez tôt, j’ai essayé plusieurs instruments, du violon à la clarinette en passant par le saxophone. J’ai fait beaucoup de jazz, et Maxime a fait beaucoup de piano classique. C’est vers la vingtaine qu’on s’est mis à écrire de la pop, d’abord séparément, et ensuite ensemble. On s’est rendu compte qu’ensemble, l’expertise de chacun combinées produisait un truc vachement bien. Un peu comme, toutes proportions gardées, Lennon et Mac Cartney, qui n’ont rien fait de mieux que lorsqu’ils étaient ensemble.

    Maxime : C’est un confort, la famille, mais c’est assez génial d’en sortir aussi. Malgré ça, c’est quand on est ensemble qu’on donne le meilleur de nous-mêmes.

     

     

     

    Quelles sont vos trois artistes phares, vos sources d’inspiration principales ?

     

    Jonathan : Alors on est très Beatles. On les connaît par cœur.

    Maxime : Et on n’aime pas du tout les Rolling Stones, parce que ça n’a rien à voir.

    Jonathan : Je vous le dis, les Rolling Stones et les Beatles ça n’est pas comparable. On peut plus comparer les Stones à Nick Cave, à des gens qui font du blues quoi ! Donc les Beatles on a adoré, et après des trucs des années 80 qui nous ont beaucoup plus, des trucs très à donf, très zéro second degrès : les Ah-ah, les Queen…

    Maxime : La B.O de The never ending story et le générique de Stranger Things.

    Jonathan : Après moi je suis très Bowie, j’en ai écouté beaucoup. Et plus récemment, on s’est un petit peu ouvert et on écoute et de la pop et de la folk. Et on aime bien Philip Glass. Et en ce moment on écoute des trucs très récents comme Roméo Elvis, on a eu une bonne période rap.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    J’ai entendu plus de français dans le deuxième album, pourquoi ce choix de privilégier l’anglais dans le premier album ? Est-ce que c’est une volonté artistique, ou c’est aussi un désir de se faire connaître à l’international ?

     

    Jonathan : L’anglais s’est imposé très facilement, pour deux raisons : moi j’avais un projet solo en français, et j’avais vraiment besoin de vacances du français. Je faisais des textes souvent très durs et parfois très impudiques et j’avais besoin de me cacher un peu derrière la mélodie et la musique. C’était aussi ce qui faisait kiffer Maxime, donc l’anglais s’est un petit peu imposé de base. Pour faire briller les mélodies telles qu’on était capables de les faire il fallait l’anglais. Et en fait sur le premier album, j’ai voulu refaire un titre en français, et on est en hyper content, ça s’appelle Je n’ai jamais. C’est un titre un peu à part. Sur cet album-là, on était parti plutôt en anglais, et en fait au bout d’un moment on a créé tellement de chansons pour cet album qu’on a eu envie d’essayer le français comme une nouvelle façon de produire les chansons. Quand on a essayé plein de synthés, de lignes mélodiques, le français peut jouer le rôle d’un nouvel instrument, parce que la voix ne claque pas pareil. Je fais les parties en français, et ma voix change complètement. C’est comme si on apportait carrément un featuring. Comme l’album est beaucoup plus focus sur un seul thème, le français aide à rentrer dedans et à le comprendre.

     

     

     

     

     

     

    Dans l’un de vos tubes, Time for a change, vos paroles expriment un sentiment d’étouffement qui poussent à une nécessité de changement. Mais vous ne précisez pas de quel changement il doit s’agir…

     

    Jonathan : C’est la première fois qu’on nous parle de nos paroles ! En fait je pense qu’on était à un moment où un cycle se terminait, on avait envie de courir le monde, d’essayer d’autres choses. C’est vrai que dans cette chanson, on parle de la fin de cycle de personnes de 27 ans, et je crois qu’on arrivait au bout, on voyait les mêmes personnes, on avait la même vie. On commençait à se dire qu’il fallait qu’on bouge, quoi. C’est l’année où on est parti de Nantes, une année qui a changé beaucoup de choses, et cette chanson elle raconte ça : l’envie de changer de cycle. C’est une chanson qui n’a l’air de rien, mais qui me tient à cœur dans les paroles, parce qu’elle exprime des choses vraiment ressenties. On repassait toujours au même endroit, Nantes c’est la ville où j’avais fait ma fac, où… Ouais je pense qu’on avait envie un peu de s’échapper d’une routine, et c’est ça, Time for a change.

    Maxime : C’est l’invitation au voyage, ça reprend des thèmes de la poésie française…

     

     

     

     

     

     

    Vous avez été remixé par Beat Torrent, sur votre chanson Do you like my song. Qu’est-ce que ça fait d’être repris par un artiste électro ? Vous avez aimé ?

     

    Jonathan : Ouais ! Franchement, toutes les reprises, c’est absolument fabuleux pour nous. Ça va de Beat Torrent à pleins de gamins qui ont repris Time for a change en acoustique, c’est assez fabuleux, y en a qui ont de bien meilleures voix que nous d’ailleurs, c’est très marrant. Ça a même été repris à la Nouvelle Star, Time for a change. Et honnêtement, c’est tellement génial. On a vraiment une chanson avec Time for a change qui nous a fait surfer sur plein de vagues, c’est une chanson qui a dépassé de loin le cadre de notre groupe. Elle est bien plus connue qu’Elephanz.

     

     

     

     

     

     

     

    C’est vrai que les gens connaissent parfois la chanson sans forcément identifier le groupe…

     

    Jonathan : Oui, mais je crois que c’est mieux que l’inverse. Y a plein de mecs dont j’ai entendu le nom et je ne sais absolument pas ce qu’ils font, et on fait quand même ce métier pour faire des chansons. C’est un peu comme des enfants, on veut qu’ils aillent plus loin que nous. Si la chanson a beaucoup plus voyagé que nous, on en est très content. Donc on en est ravi.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

    Vous avez déjà joué à Bordeaux ?

     

    Maxime : Oui ! On a joué au Krakatoa, à l’espace Tatry en 2008…

    Jonathan : Une salle de 500 places avec une vingtaine de personnes, c’était beaucoup trop tôt. On te propose des plans bizarres comme ça quand tu débutes, « ouais viens j’ai l’espace Tatry de libre ! », « oui mais on n’est pas connu », « ah ! ben c’est pas grave, viens quand même ! ». (rires)

    Maxime : On a joué à l’Heretik aussi. On a des souvenirs comme ça de clubs, où on transpire, où tout le monde sue… J’ai des souvenirs géniaux de Bordeaux, j’ai adoré !

     

    Et comment vous abordez votre prestation ce soir à la Rock School ?

     

    Jonathan : ça fait trop longtemps qu’on n’a pas joué à Bordeaux, donc on a hâte. La dernière fois c’était en 2013, et le public était très bien. Moi j’espère que ça va être un petit peu rock’n’roll. On va se mettre en mode Heretik.

    Maxime : On va se scarifier juste avant de monter sur scène !

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

    Quand même pas ! Et au niveau de vos projets futurs, vous envisagez déjà des choses ?

     

    Jonathan : Ouais, on envisage quelques featurings avec d’autres artistes. En fait on s’est tellement reconcentré sur nous que là, on a très envie d’écrire pour d’autres. On va faire aussi de la musique de film, de court-métrage, on en fait déjà de temps en temps. Et puis avec Maxime on est un petit peu touche à tout, un peu polyvalent, on a été la semaine dernière réaliser un clip pour une de nos chansons, juste entre nous. On sait faire plein de choses, on n’est pas spécialement expert en rien du tout mais du coup on s’amuse à découvrir et à expérimenter.

    Maxime : On met aussi en place la tournée à l’étranger pour 2018. On a un vrai public en Espagne, donc on organise ça.

     

     

     

    Un mastodonte musical à la Rock School : rencontre avec Elephanz

     

     

     

     

    _________________

    Pour plus d'infos, de photos et de jeux concours, suivez Next-Bordeaux sur Facebook et Instagram !

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Hier soir, nous avons interviewé I Am Stram Gram, de son vrai nom Vincent Jouffroy, jeune musicien qui a remporté le prix Ricard S.A Live Music l'année dernière et ouvrait la deuxième soirée du Climax Festival. Nous l'avons rencontré au village des artistes, où il fêtait son anniversaire tout en répondant aux questions des journalistes.

     

     

     

     

     

     

    Bonsoir et bon anniversaire ! Ça vous fait quel âge ?

     

    Merci ! Ah ça, c'est un secret...

     

     

    Bravo pour votre performance ce soir ! Quelle a été votre impression sur le show et le public ?

     

    C'était super, c'est toujours difficile d'ouvrir un festival, mais le public était très présent, très réactif ! C'était un moment extraordinaire.

     

     

    Comment en êtes-vous venu à faire de la musique ?

     

    A la base j'ai fait des études de cinéma, mais je me sentais plus proche du monde de la musique. Assez jeune j'ai monté un groupe, et puis les choses se sont enchaînées... Le prix que j'ai gagné l'année dernière m'a aussi beaucoup aidé.

     

     

     

     

     

     

    Pourquoi ce nom de scène, I Am StramGram ?

     

    Pour plusieurs raisons : parce que ça mélange l'anglais et le français, parce que ça renvoie à l'enfance, qui est une période de la vie qui m'inspire énormément. Et puis aussi parce que c'est difficile à prononcer !

     

     

    Justement, vous mélangez parfois paroles en anglais et en français, notamment dans la chanson Saut de ligne, pourquoi ce choix ? Est-ce qu'on est pour vous dans une époque où la distinction entre les deux langues est obsolète ?

     

    C'est une très bonne remarque ! Peut-être, oui, peut-être que la distinction entre anglais et français n'a plus lieu d'être. Personnellement, je trouve que les deux langues se mélangent bien, il y a une belle harmonie : le français est parfait pour conclure, il ramène les spectateurs sur terre, et l'anglais est plus musical.

     

     

    Vous faites une pop/folk souvent mélancolique ; quelles sont vos inspirations, musicales et quotidiennes ?

     

    J'en ai énormément... Je suis très inspiré par la littérature, et quand je suis sur scène j'indique quels livres ont donné l'idée telle et telle chanson. J'aime beaucoup John Fante, Demande à la poussière, Kerouac... Dans la vie quotidienne, les sentiments, les histoires d'amour influencent beaucoup ma musique.

     

     

     

     

     

     

    Sur votre site, vous dites être très inspiré par l'enfance ; pourquoi cette période de la vie spécifiquement vous inspire, et pas par exemple l'adolescence, qui est aussi une période charnière ?

     

    Mais l'adolescence m'intéresse beaucoup aussi ! Je suis peut-être plus inspiré par l'univers de l'enfance parce que c'est un âge lointain et toujours un peu idéalisé, l'enfance c'est plein de madeleines de Proust...

     

     

    Vous jouez bientôt à Hong-Kong, ce sera la première fois je crois que vous jouerez à l'étranger, comment abordez-vous cette prestation ?

     

    Eh bien non, justement, la prestation à Hong-Kong a été annulée ! Ça devait se faire en one shot, et c'était trop de contraintes pour pas assez de temps sur scène... En revanche j'ai déjà joué à l'étranger, notamment à Berlin, à Francfort et en Espagne, et quel que soit le pays j'y vais avec la même excitation et le même trac !

     

     

    Quels sont vos projets futurs ?

     

    Chanter et produire encore !

     

     

     

    Dix minutes avec I Am Stram Gram

                                                                         Joyeux anniversaire I Am Stramgram !

     

     

     

     

    _________________

    Pour plus d'infos, de photos et de jeux concours, suivez Next sur Facebook et Instagram !

     

     

     


    votre commentaire
  •                                                                                                                                                                        

    A l'occasion de son concert au Festival ODP dimanche soir, La Féline, alias Agnés Gayraud, a accepté de répondre à nos questions.

     

     

    La Féline : « rassurante et occulte »

     Photo : Adrien Bazoin

     

    Pourquoi ce nom, La Féline ?

     

    Il vient en fait du film en noir et blanc La Féline, du réalisateur français Jacques Tourneur, sorti en 1942. On le décrit comme un film d'horreur, mais c'est plutôt une œuvre psychanalytique : c'est l'histoire d'une femme hantée par la peur de se transformer en panthère et de dévorer les hommes autour d'elle. Je m'identifie assez à l'idée de métamorphose, au contraste entre la surface et la profondeur, à la dualité. C'est aussi un mot facile à retenir et à comprendre dans d'autres langues que le français.

     

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "la féline jacques tourneur"

                                                                                                                       Photo du film La Féline

     

     

    Quelles sont vos inspirations ?

     

    J'en ai énormément. Je peux citer le dernier album de Nico, Desertshore ; les chansons sont très sombres, mais elles ont aussi un aspect berceuse qui me plaît beaucoup. De manière générale, je craque sur une mélodie ; c'est mon côté pop. Il y a également Leonard Cohen, qui démontre qu'on peut vieillir avec sa musique et garder une personnalité rock'n'roll. Adolescente, j'écoutais aussi énormément Kurt Cobain, et j'en ai gardé une empreinte.

     

    Comment définiriez-vous votre musique en quelques mots ?

     

    C'est toujours difficile. Les gens disent que ma musique est douce mais aussi « tripée ». Pour ma part, je la dirais mystérieuse ; à la fois rassurante et occulte.

     

     

     

     

    Que préférez-vous : composer ou jouer sur scène ?

     

    Ce sont deux phases très différentes que j'apprécie, mais c'est vrai que quand j'écris, je pense toujours au moment où je serai sur scène, où je m'adresserai à quelqu'un. Les moments scéniques qui se passent bien ont une intensité supérieure ; l'écrit est plus incertain.

     

    Vous êtes aussi chroniqueuse, et vous écrivez sur votre blog « Moderne, c'est déjà vieux ». Que voulez-vous dire par ce titre ? Vous trouvez notre époque « un peu fatiguée », comme vous le dites dans votre chanson Les Fashionistes ?

     

    C'est assez juste de rapprocher ces deux éléments... En fait ce qui m'amuse, c'est que le modernisme en musique est né dans les années 40, c'est déjà une catégorie ancienne qui a été récupérée par le jazz et la pop. Actuellement, il y a une passion pour le passé, une rétromania qui me fait un peu rire. Je trouve ça insupportable de tout conditionner par la modernité ; il faut être ouvert à ce qui se passe. Donc ce titre me permettait de dénoncer sans agressivité cet aspect de notre société : il ne faut pas se dire que tout a déjà été fait !

     

    Pourquoi appeler votre dernier album Triomphe ?

     

    Là encore, il faut le prendre un peu au second degré. On qualifie souvent ma musique d'indé ; et dans le milieu de la musique indé, les gens font assez profil bas, contrairement au milieu du hip-hop où les artistes s'autoqualifient de « queens » ou de « kings ». J'ai voulu leur emprunter un peu de cette attitude revendicative. Le mot « triomphe » est aussi lié aux dyonisies, les fêtes antiques qui célébraient le dieu du vin et du stupre ; le triomphe, c'était donc la traversée de la ville par les bacchantes. J'ai voulu faire un disque à cette image, extatique, très proche du corps.

     

     

     

    Résultat de recherche d'images pour "la feline triomphe"

     

     

     

    Comment appréhendez-vous le public bordelais pour votre prestation au festival ODP ?

     

    Je l'espère bienveillant ; je joue en première partie, donc il va falloir conquérir le public, ce que je vais m'employer à faire ! (rires)

     

     

     

    ___________________

    Pour plus de photos, d'infos et de jeux concours, suivez Next sur Facebook et Instagram !

     

     

     


    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique