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    Il n'y a pas qu'à Marseille qu'on voit grandir des rappeurs. Yudimah a 24 ans et des rimes plein la tête. Dans cette interview, il nous parle de sa musique, de ses inspirations et du milieu du rap à Bordeaux.

     

     

     

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    Peux-tu te présenter et nous parler un peu de ton parcours ?

    Je suis un artiste hip-hop né à Bordeaux. Je fais de la musique depuis neuf ans. J'ai commencé par faire deux ans de poésie, et avant ça je dansais. Je me suis mis au rap parce que c'est comme danser avec les mots, j'ai un peu lié les deux disciplines. J'ai grandi en étant influencé essentiellement par la musique afro-américaine. Ensuite, je me suis mis à faire des instru, puis à apprendre l'ingénierie son, de manière à pouvoir m'exprimer musicalement.

     

     

     

     

     

     

    Pourquoi ce nom, Yudimah ?

    C'est un anagramme. Je voulais un pseudo qui m'appartienne, sans que ce soit mon nom à proprement parler. Dimah, c'est aussi un prénom arabe mixte qui est symbolisé par la couleur violet. C'est une couleur parlante pour moi, parce qu'elle renvoie au détachement matériel, thème central dans ma musique. 

     

    Comment tu construis un morceau ? Tu commences par l'instru, par le texte ?

    Il peut y avoir plusieurs processus, ça dépend. En fait, j'aime bien laisser la spontanéité prendre sa place, je veux pas forcer les choses. Je pense pas à une instru spécifiquement pour un texte, je pose mes idées sur Cubase ou Ableton et je vois après. J'aime bien vomir un peu, tout balancer, et ensuite regarder et faire le tri. Parfois, ça peut arriver, j'ai un genre d'illumination, je sors de la douche, ou je me réveille, et bam ! Je compose la musique, je l'écris et l'enregistre dans la foulée. Il y a des musiques qui peuvent prendre un mois comme il y a des musiques qui peuvent prendre quinze minutes.

     

     

     

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    Tu rappes en français et en anglais, parfois au sein d'un même morceau. D'où est-ce que ça te vient ? 

    Au départ, je parle français et je rappe uniquement en français. En fait, j'ai tellement baigné dans la musique afro-américaine que c'était naturel et fun pour moi de tenter dans cette langue. Au départ c'était pour le fun, et aujourd'hui encore je prends pas du tout mon rap en anglais au sérieux ; mais vu que quand j'aime un truc, je le bosse à fond, c'est devenu une part de mon identité musicale. Comme on dit, on est ce par quoi on est inspiré, et j'écoute 90% de rap américaine et 10% de rap français.

     

    Si tu me devais me dire trois rappeurs américains qui sont incontournables pour toi, ce serait lesquels ?

    Je commencerais par Kanye West, parce que c'est le premier rappeur américain que j'ai vraiment étudié. C'est-à-dire que son flow, ses paroles... il a amené quelque chose, à l'époque de College Drop Out The Mixtape ou Late Registration dans les années 2000. C'est le premier aux Etats-Unis à faire du rap dans un contexte où tout le monde faisait un rap gangsta, et lui n'était pas gangsta du tout. C'était fort, c'était une révolution à ce moment-là ! Donc il a rajouté une certaine sensibilité, je dirais même une certaine vulnérabilité chez les rappeurs.  Je trouve que cette action-là est importante puisqu'elle a permis de libérer une expression totale dans le rap, les gens avaient peur, tu vois ? Quand je l'ai découvert, tout a changé. 

     

     

     

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    Donc Kanye West dans un premier temps. Ensuite je dirais Jay Z, parce que ce qu'il a fait, ce qu'il représente pour le rap, c'est comme un Zidane. Je peux pas parler de rap sans parler de Jay Z. Et ensuite, pour le troisième...

     

     

     

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    C'est difficile comme question ! J'ai envie de dire Drake, même si je suis pas fan de ce qu'il fait et représente en ce moment, parce qu'il a été plus loin que ce qu'a fait Kanye West, il a été encore plus fragile ! Mais je trouve qu'après l'album Nothing Was The Same, il est rentré dans un délire de "Je suis le meilleur, et je vous emmerde tous", du coup j'ai décroché. J'hésiterais en fait entre Drake et Lil Wayne. Lil Wayne, c'est un peu comme Jay Z, c'est quelqu'un qui a brisé certains codes dans sa manière de faire, et tout le monde aujourd'hui sonne comme Lil Wayne. Il a ouvert la voie pour tout le rap qu'on a aujourd'hui en 2018 ; sans lui, le rap d'aujourd'hui n'existerait pas. 

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah

     

     

     

    Et dans le rap français, tu peux me dire trois artistes qui t'ont marqués ?

    Le premier, que j'ai découvert après avoir écrit mes morceaux de rap français, c'est Disiz. Dans son discours, son approche du rap, sa façon de s'exprimer et de ses sujets, je me suis beaucoup identifié à lui. Ses paroles raisonnent beaucoup avec mon vécu.

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah 

     

     

     

    Ensuite, je dirais Booba. Je le trouve simplement très fort. Il est très vrai, encore aujourd'hui, après on aime ou on déteste. Comme Kanye West, Booba et lui sont très polémiques, mais ce sont deux artistes que je respecterai toujours, même si des fois ils disent des choses avec lesquelles je suis en total désaccord. Ils ont quelque chose qui manque absolument de nos jours, dans cette époque des réseaux sociaux illusoires, de spéculations, ce sont des gens vrais. Qu'ils fâchent ou pas.

     

     

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah 

     

     

     

    Et puis en troisième... c'est difficile, mais je dirais Salif, même si j'ai pas non plus énormément écouté. Je trouve qu'il a une très belle plume. Il a ce truc franc, lui aussi. 

     

      

     

    Le rap à Bordeaux, ça existe ! Rencontre avec Yudimah

     

     

     

    Tu me disais avant l'interview que tu tenais à parler dans tes textes de sujets qui te tenaient à coeur. Pour toi, le rap c'est politique ?

    Je pense qu'un rappeur est toujours politique. Quand tu t'exprimes, même personnellement, tu exprimes une opinion. Et la politique, à la base ça n'a rien à voir avec ce qu'on peut y lier aujourd'hui ; quand on dit politique, on pense politiciens, alors que la politique initialement c'est la voix du peuple. Et ça englobe tous les sujets de société : à partir du moment où tu dis "je trouve que ce croissant est trop cher", tu fais de la politique ! 

     

    Donc tu t'estimes engagé ?

    Je fais attention avec ça. Si les gens estiment que je suis engagé, ça leur appartient ; moi, j'estime être juste moi. Je parle de choses à qui me tiennent à coeur, et j'essaye de m'exposer avec le plus de vérité possible, pas la vérité suprême mais ma vérité, sur le moment, ce que je vois, ce que je pense. Par exemple, l'épanouissement individuel et collectif, c'est un thème qui me tient à coeur. La haine, ça part de soi, de chaque être humain ; et il y a des problèmes individuels qui peuvent créer d'immenses problèmes qui nous concernent tous.  

     

     

     

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    Qu'est-ce que tu peux me dire sur la scène rap/hip-hop bordelaise ? 

    J'avoue que j'étais assez enfermé jusqu'à présent, je travaillais ma musique et j'ai un processus où j'ai besoin de d'abord arriver avec quelque chose pour ensuite le partager avec les autres. Donc j'ai pas trop connaissance de tout ça. Après il y a beaucoup de rappeurs bordelais que je connais : Keurspi, Deep et Igee, DRBX, Guezess, Beasty, Heypton... et il y en a encore beaucoup !

     

    Est-ce que tu penses que c'est plus difficile d'émerger dans le milieu du rap à Bordeaux, plutôt que dans des villes comme Paris ou Marseille où il y a une vraie tradition hip hop...?

    Oui et non. Ce qui est une tare est aussi une opportunité. Il y a moins d'institution, c'est vrai, donc on connaît peu d'artistes bordelais qui ont vu leurs noms dans le paysage national. Mais il y a aussi une opportunité, parce qu'il y a une scène à prendre.

     

     

     

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    Tu as fait la première partie de MHD et de Kalash, comment ça s'est passé ? Tu les as rencontré ?

    Kalash je ne l'ai pas rencontré, mais j'ai discuté avec MHD et c'est quelqu'un de très sympathique, très accessible, pas du tout prétentieux comme on pourrait s'y attendre au vu de son succès et de son âge. Et j'avais la pression, mais c'est mon boulot d'artiste ! (rires)

     

    Quel est ton meilleur souvenir de scène ?

    C'était une scène avec Keurspi, Deep et Igee, et d'autres copains. C'était à Blanquefort dans un tout petit événement, un festival street-art, avec du cirque et tout. Y avait peut-être une trentaine personnes, mais une énergie folle ! Ce qui compte, c'est pas d'avoir un million de personnes devant toi, c'est d'avoir l'énergie. C'est pour ça que mon album s'appelle Energy, parce que c'est la priorité absolue. On était tous dedans, y avait une espèce de transe vraiment, ce moment-là était mémorable.

     

     

     

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    Et ton pire souvenir de scène ?

    C'était un show à la Rock School Barbey, une de mes premières là-bas. Je passais en premier avant une quinzaine d'autres artistes, moi je faisais du rap américain et eux ils faisaient tous du rap français, en mode rap de quartier, tu vois ? Tout le monde était là pour voir la grosse tête à la fin ou ses potes sur scène, ils en avaient rien à faire de moi ! Y a même un moment où quelqu'un dans le public m'a dit de fermer ma gueule. Donc c'était le pire moment, au bout de trente secondes j'avais l'impression que ça faisait trente minutes que j'étais sur scène. Dans ces conditions-là, quand l'énergie n'est pas favorable, c'est difficile, mais ça s'est bien passé quand même !

     

    Dernière question : qu'est-ce que tu peux nous dire sur tes projets futurs ?

    Je viens de sortir mon album Energy, vous pouvez le trouver sur mon BandCamp, sur Amazon, iTunes, et sur toutes les plateformes de streaming. Pour les concerts, je peux pas encore vous donner une date, mais ça arrive bientôt ! Ensuite je vais me laisser une bonne année pour faire le prochain album, et je vais beaucoup évoluer. J'apprends le piano depuis un an, et je dois encore travailler, j'attends d'avoir un bon niveau pour donner un album qui aille plus loin musicalement. 

     

     

     

     

     

     

     

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    Lors du Climax Festival, nous avons eu la chance de rencontrer en conférence de presse le grand Mr Oizo, alias Quentin Dupieux.  Représentant international de la French Touch, le DJ a répondu à nos questions de manière cash dans sa loge où on venait de lui apporter deux bouteilles de champagne. 

     

     

     

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    Bonjour ! On va commencer par une question qu'on vous a déjà posé cent fois, comme ça c'est fait. D'où vous vient votre nom de scène et votre personnage d'oiseau jaune rigolo ?

     

    Dès le départ, j'ai trouvé que ça faisait plus chic d'avoir un pseudo, ça sonnait mieux. A la base ce personnage c'était une marionnette, tu mettais ta main dedans pour la faire parler, une gluf puppet. C'était un délire, on a créé un corps avec de la fourrure et on a fait un petit clip avec. Un producteur malin est tombé dessus, il a contacté une agence de pub qui développait une campagne pour Levis, et c'est parti comme ça.

     

     

     

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    Vous faites des films et de la musique, quels sont les liens que vous voyez entre ces deux univers ?

     

    Justement, ce sont deux mondes qui n'ont rien à voir, et c'est ça que j'aime. Mais en même temps il y a des similitudes. Quand je monte un film, il y a des rapports avec la musique, dans le rythme, les temps morts... 

     

     

     

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    Quelles sont tes sources d'inspiration ?

     

    C'est compliqué pour moi de répondre à cette question. Je n'écoute plus de musique. Plus jeune je passais ma vie à acheter des disques, j'ai tout balayé. J'ai choisi de faire plutôt que d'écouter. Aujourd'hui, je ne m'intéresse qu'à ce que je fais ; et même la musique que je fais, je ne vais pas l'écouter chez moi, ce serait de la torture ! (rires) Après l'inspiration vient autrement. A la base j'ai une culture de vidéo-clubs, vous ne connaissez plus ça aujourd'hui... Il y avait des films avec des jaquettes qui me faisaient complètement fantasmer, des films de série B interdits aux moins de 18 ans comme Massacre à la tronçonneuse. Des oeuvres crades mais riches cinématographiquement, très connectées à l'amateurisme. Là j'en suis à mon septième long métrage, et quand je tourne ou que je compose de la musique, j'essaie moi aussi de toujours garder une part d'amateurisme.

     

     

     

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    Un côté animal ?

     

    Voilà. Je ne me considère pas comme musicien, ma musique c'est des pulsions que je déteste maîtriser. Je ne fonctionne qu'à l'instinct. On peut quand même dire que ma musique est très liée au groove africain, à James Brown, à un truc sauvage qui gueule. 

     

     

     

     

     

     

    Tu fais de la musique électronique depuis 1997 ; quelles évolutions as-tu constaté dans ce milieu musical depuis ?

     

    Il y a eu plein de trucs déments, des courants qui sont morts ou qui ont perdurés... Depuis 1997 j'ai vraiment vu plusieurs vagues, l'électronique c'est une musique qui est toujours en mouvement. C'est pour ça que les puristes m'emmerdent ; je préfère ceux qui transforment, qui font de la musique un terrain expérimental. Les vieux trucs, j'adore, mais c'est vite ennuyeux.

     

     

     

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    Comment tu expliques le fait que les DJs de musique électronique sont beaucoup moins people que les artistes d'autres genres musicaux ? Vous portez souvent des masques, des costumes, on connaît rarement vos noms... 

     

    Déjà, mon histoire n'est pas comparable à d'autres. Je n'étais pas préparé au succès, quand ma musique a commencé à marcher j'étais un peu en panique, ça n'était pas naturel pour moi. Je me suis retrouvé dans une situation atroce de mise en scène, ça me mettait mal à l'aise. Aujourd'hui c'est différent, les artistes se créent leur image eux-mêmes avec leur téléphone, comme DJ Snake, et c'est clairement plus agréable que de se retrouver pris au piège en télé. Ça m'est déjà arrivé, c'est terrible. A un moment il faut toujours se montrer. Et pour répondre à la question, pourquoi les artistes électroniques se montrent moins, je sais pas... Dans le fond, c'est sûrement parce qu'on est des mecs un peu autistes avec nos ordinateurs, c'est pas joli à filmer (rires).

     

     

     

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    Tu te produis au Climax Festival, qu'est-ce que tu penses de cette écomobilisation qui vise à réunir musique et conférences pour provoquer une prise de conscience chez le public ?

     

    Pour moi, tout ça, c'est un peu une bouée de sauvetage qui se dégonfle. C'est notre dernier rêve d'humain, ça nous donne bonne conscience car on ne peut rien faire. Les gens continuent de faire n'importe quoi. Y aura toujours des cons, tout ça c'est vain, la baraque a déjà pris feu. C'est le bordel général, l'être humain fait que des trucs qui servent à rien, on participe au désastre en se donnant bonne conscience. On swipe trop vite, on passe à autre chose, les gens s'intéressent davantage à Kim Kardashian qu'à la planète. 

     

     

     

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    Pour terminer sur une note plus positive, quel est ton meilleur souvenir de scène ?

     

    J'en ai plein de très bons, je suis toujours content. Je me souviens quand même d'une date particulière en 2009 où c'est la première fois que j'ai été bon. Pendant longtemps j'ai été mauvais, mais comme j'étais avec le label Ed Banger Records, je remplissais des salles alors que je jouais mal. Sinon il y a aussi eu ce moment de grâce au Melt Festival en Allemagne. Le public était monstrueux, et DJ Fizz jouait après moi. Il avait contacté Technotronic sur MySpace pour mixer avec eux, et il était super anxieux parce qu'il ne les avait pas encore rencontré et n'avait pas eu le temps de parler du live. DJ Fizz arrive sur scène, et là il comprend qu'il a sous les yeux de faux Technotronic : c'était des mômes de 20 ans, rien à voir avec les vrais ! Il s'était fait avoir, les types allaient toucher la moitié du cachet sans rien faire ! Donc il a été obligé de faire semblant, il passait une de ses chansons, puis une chanson de Technotronic, et le public n'a rien grillé. C'était mémorable.

     

     

     

    L'interview de Mr Oizo : "Les puristes m'emmerdent"

     

     

     

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    Justine Mauvin nous vient de La Réunion. Debout sur sa planche de surf, elle a conquis les podium : championne d’Europe, double championne française et troisième au rang mondial de surf, la jeune femme de 24 ans est aussi l’égérie de Roxy. Après s’être lancée dans la chanson il y a deux ans avec Bom bom et For you, elle revient cet été avec un nouveau single directement inspiré des vagues, Waterman.

     

     

     

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    Bonjour Justine ! Tu t’es fait connaître dans le surf, mais tu es aussi chanteuse, musicienne, modèle pour Roxy, tu as tourné un film avec ton compagnon… Comment décrirais-tu ta carrière ?

     

    Depuis que je suis gamine, le surf et la musique ont toujours fait partie de moi. Je fais du surf de manière professionnelle depuis mes 13 ans, j’ai commencé très jeune les compétitions et j’ai choisi ce métier de manière naturelle. J’ai aussi commencé la musique très jeune, et ça m’a rattrapé avec le temps, aujourd’hui j’essaye de donner un peu plus la parole à la musique. J’essaie de toucher à tout, à la réalisation aussi puisque je vais être amenée à réaliser des clips, donc il faut que je sois capable de transmettre le bon message. Ce sont des domaines artistiques qui se recoupent, il faut tout maîtriser pour être capable d’assurer le message et l’image. Mais mes deux spécialités, ce sont vraiment le surf et la musique.

     

     

     

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    Y a-t-il pour toi des liens entre le surf et la musique ?

     

    Je continue de découvrir de nouveaux liens chaque jour ! Un lien que j’aime beaucoup et qui m’a parlé très tôt, c’est la spontanéité et l’aspect éphémère qu’on retrouve à la fois sur scène et sur les vagues. Avec le surf, chaque vague est unique, et on essaye de laisser à chaque fois sa trace éphémère dessus ; il y a une sensation d’instantané que je retrouve en concert, où il y a ce dialogue avec le public que tu ne peux pas refaire. Tu as beau te préparer, t’entraîner, à chaque fois ce sera unique. Le surf et la musique, ce sont deux formes d’expression au jour le jour. Je suis quelqu’un qui ne s’exprime pas beaucoup sur ses émotions, donc ça m’aide énormément, ça m’a toujours aidé.

     

     

     

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    Qu’est-ce qui t’a inspiré pour composer Waterman ?

     

    Pour ce single, c’est surtout la musique traditionnelle réunionnaise qui m’a inspiré. J’écoute beaucoup Alain Peters et des chansons du Mali, du Burkina Faso, beaucoup de vieille musique. Je trouve ça essentiel de connaître mon passé, de savoir d’où je viens, et puis il y a ce mélange entre modernité et tradition que j’essaie de mettre en place et qui me passionne. Sinon plus jeune j’écoutais beaucoup de folk, c’était ma période piano-voix. Le but avec Waterman c’était d’écrire un morceau plus rapide, plus joyeux, plus chaleureux.

     

     

     

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    Est-ce que tu fais tout toute seule ? Tu écris les paroles, tu composes les mélodies, tu joues des instruments, tu chantes, ou bien il y a quand même des gens pour t’aider ?

     

    Sur scène je suis accompagnée de musiciens, et je joue moi-même du clavier et de la guitare. Je suis auteur-compositeur-interprète, donc j’écris moi-même les paroles de mes chansons et je compose mes mélodies. Je compose principalement au clavier ; initialement je composais à la guitare, mais en ce moment c’est le clavier mon instrument de prédilection.

     

     

     

     

     

     

    Tes singles Bom bom et For you, sortis il y a quelques années, sont assez différents du titre Waterman que tu as sorti cette année. On t’y entend chanter en français sur des mélodies plus joyeuses et chaudes que les sonorités pop-folk de tes autres single. Comment expliques-tu cette évolution ?

     

    Je pense que j’ai évolué, j’ai compris des choses, j’ai trouvé des clefs de vie que j’essaie de transmettre dans mes chansons. C’est plus rapide, plus entraînant, plus chaud, plus solaire, tout en gardant cette sensibilité bien à moi, cette mélancolie, ce truc un peu torturé. Je chante de plus en plus en créole, j’utilise des instru traditionnelles, tout en conservant beaucoup de paroles en anglais, pour faire le lien entre mon île et le reste du monde.

     

     

     

     

     

     

     

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    Quel est ton meilleur souvenir de scène ?

     

    L’année dernière j’ai fait la première partie de Benjamin Biolay, et ça a été une vraie expérience de scène en salle. Depuis mes 17 ans j’ai quand même fait pas mal de concerts, je suis habituée à la scène, au stress que ça génère, et j’adore ça ! Cet échange avec le public, cette conversation un peu unique où on capte tout de suite la réactivité, les attentions, les regards – ou pas ! C’est un échange direct, spontané, qui n’est jamais le même. J’adore tester les sonorités des salles, sentir l’acoustique. C’est passionnant.

     

     

     

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    Quels sont tes projets à venir ?

     

    Vous pourrez me voir sur scène le 28 juillet à Biscarosse, le 9 août à Biarritz et le 1er septembre à Anglet. Ensuite au mois de septembre j’enregistre l’album, je suis super contente, c’est un rêve d’artiste d’enregistrer l’album dans la foulée du single ! Le CD devrait sortir en novembre si tout va bien. J’ai hâte de préparer tout ça, d’amener des touches nouvelles,  de nouveaux instruments, et de faire découvrir au public mes dernières créations musicales ! Et puis en fin d’année il y a des compétitions de surf importantes, les championnats du monde et les championnats de France. Et je dois aussi tourner le clip de Waterman.

     

     

     

     

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    Suite à son concert au Krakatoa le 5 avril, Fakear, de son vrai nom Théo Le Vigoureux, a accepté de répondre à nos questions. Mise à nu d'un artiste déjà au sommet.

     

     

     

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    Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?

    Je ne me souviens pas ne pas en avoir envie... mes parents m'ont appris la musique très tôt, elle a toujours fait partie de ma vie. J'ai commencé à composer mes propres chansons quand j'avais 15 ou 16 ans, et ça ne s'est plus arrêté.


    Tu as appris à jouer de nombreux instruments, pour finalement te diriger vers la musique électronique. Pour toi, y a-t-il des différences entre jouer de la musique électronique et jouer des instruments « traditionnels » ?

    Pas tant que ça. Je compose sur Reason, et pour moi, la musique électronique s'approche de la composition classique. On doit imaginer les parties de chaque instrument. On est chef d'orchestre plus qu'instrumentiste, mais le travail musical n'est pas moins conséquent.

     

    Comment travailles-tu et composes-tu ?

    Seul. Généralement je profite de moments calmes ou je tourne peu pour écrire de la musique. J'ai besoin d'un monde imaginaire dans lequel je ne vais pas être dérangé. Les chansons composées hors de ce cadre manquent de sincérité la plupart du temps.

     

     

     

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    Ta musique est souvent éthérée, délicate, avec des mélodies orientales et un esprit très posé, très smoothy. Quelles sont tes sources d’inspiration ?

    Merci beaucoup ! L'inspiration vient de partout, tout est une source, si on écoute attentivement. Je me sers dans les émotions humaines et animales, dans des endroits que j'invente, dans mon histoire d'amour, dans des moments intenses, des voyages... il y a mille opportunités. 



    Tu as sorti deux albums en 2016, Animal et Vegetal. Comment as-tu fait pour sortir deux albums la même année ? Et pourquoi ces titres, qui semblent se répondre ? 

    Parce que c'était la même "vague" d'écriture. J'ai composé Animal et Vegetal en même temps, sur une période de 6 ou 7 mois environ. Plus le temps passe et plus j'aime ces albums. Ils sont spontanés, habités, il y a vraiment un truc mystique qui s'en dégage. Au final je n'ai pas l'impression d'avoir été débordé par le boulot, ça venait assez naturellement !



    On t’a déjà vu en 2017 à Bordeaux au Climax Festival où tu jouais en fin de soirée, quel est ton souvenir de cette prestation ? 

    Le Climax est un festival sentimentalement énorme pour moi. Les organisateurs sont des copains et leur positionnement écolo marche hyper bien. C'est un festival dans lequel je reviendrai avec plaisir.

     

     

     

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    Tu as joué dans plusieurs pays, constates-tu des différences entre les publics français, japonais, états-uniens…  

    Bien sûr ! C'est assez fou d'ailleurs. Tout le monde vient pour passer un bon moment, ou que tu sois, mais ils ne répondent pas aux mêmes musiques, aux mêmes énergies. Je ne suis pas assez allé au Japon pour vraiment savoir, mais entre États Unis et Europe il y a une sacrée différence. Au final je dirais que les européens sont plus exigeants, et les américains plus enthousiastes de manière générale. 



    Quel est ton meilleur souvenir de scène ? Et ton pire ? 

    J'ai énormément de meilleurs souvenirs de scène. La fois où on m'a demandé de proposer en mariage une femme dans la salle, de la part d'un gars qui m'avait fait passer un petit mot. Elle a dit oui, ils se sont embrassés, la salle était dingue. On a fait une pause de 5 minutes au milieu du concert juste pour les regarder s'aimer, c'était beau ! Le pire, je sais pas... y'a toujours des pannes mais on en rigole à chaque fois. Ah nan le pire c'est quand on m'a volé ma machine, 20 minutes avant un show. Ça c'était une belle galère.



    Tu es écouté un peu partout dans le monde, penses-tu que la musique électronique française a plus de facilités à s’internationaliser que la musique non-électronique ? 

    Oui, mais ce n'est pas dû au fait qu'elle est électronique. N'importe quelle musique instrumentale aura moins de mal à s'exporter qu'une musique avec des paroles. Et après avoir un peu baroudé autour du monde, je peux dire que les français n'ont pas la réputation qu'on leur imagine, ahah !

     

     

     

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    Qu’as-tu retiré de ta performance au Krakatoa le 5 avril ? 

    C'était un concert incroyable. Je suis venu deux fois au Krakatoa, et les deux fois sont gravées dans ma mémoire. Il y a un truc ici, avec l'énergie, les gens sont fous, c'était un pur bonheur.



    Quels sont tes projets futurs ?

    Pour l'instant la tournée a toute mon attention, ainsi que ma santé. Je ne compose pas beaucoup en ce moment car j'essaie de ne pas abuser, de vraiment diviser mon temps entre les concerts et des moments de repos. On s'épuise vraiment si on ne fait pas gaffe, et on peut facilement basculer dans quelque chose de malsain. Sport et méditation !

     

     

     

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    Ogach est le chanteur du groupe à succès Jahneration qui se produira le 3 mars 2018 au Rocher de Palmer, à Cenon. Avec son acolyte Théo, ils ont fondé le groupe il y a maintenant dix ans ; ils partent désormais en tournée avec quatre musiciens et sept techniciens. Rencontre.

     

     

     

     

     

     

    Pourquoi ce nom, « Jahneration » ?

     

    C’est un jeu de mot qu’on a trouvé au début du groupe, il y a dix ans. Pendant notre période de découverte du reggae, on a été très touché par la philosophie rasta qui en émanait. A la base on vient du rock, et le switch d’un genre musical à l’autre s’est en partie fait grâce à cette philosophie. On voulait garder dans notre nom un clin d’œil rappelant d’où on venait, pour dire qu’on ne fait pas de la musique pour faire de la musique, on a un message derrière qu’on promeut dans nos chansons. Ce message c’est de tendre vers l’ouverture, la diversité, l’accomplissement.

     

     

    Comment décririez-vous votre style musical ? Car votre reggae a quelque chose d’innovant…

     

    Le premier mot qui me vient à l’esprit est « hybride ». Comme tu l’as dit, le reggae est notre ligne principale, mais on y ajoute parfois de la pop, parfois de l’electro… En général on se décrit comme « reggae hip-hop », notamment en termes de chant. Théo est plus dans le côté reggae, et moi dans l’aspect hip-hop, avec des parties rappées. On écoute tellement du tout, toutes les musiques de nos générations, et on injecte ce qui nous plaît. Et je pense que c’est ce que les gens aiment, parce qu’on a beaucoup de retours positifs ces trois dernières années sur notre éclectisme, et le fait qu’on ne fasse pas de la musique que pour un public exclusivement « reggae ». On a un public diversifié, parce que notre musique l’est aussi.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    D’où vous est venue l’envie de faire de la musique ?

     

    A l’adolescence, vers 13-14 ans. Théo et moi nous connaissons depuis le collège ; à l’époque je faisais de la guitare et Théo du piano. On a fondé un premier groupe à cette époque, puis on a switché de style musical au lycée. La musique fait partie de nous depuis longtemps, on a toujours eu des âmes de musiciens, petit je chantais sans arrêt, et Théo aussi ! Je me souviens de vacances où on faisait tout le temps de la musique ensemble. On est complémentaire sur ce point.

     

     

    Vous vous êtes notamment fait connaître par le tube « Me nah fed up », pouvez-vous me parler de ce morceau ? Qu’évoquent les paroles ?

     

    C’est un de nos premiers morceaux sortis. C’était une collab avec notre cher confrère Naaman, qui est maintenant une tête d’affiche du reggae en France et en Europe. En fait on était tout jeunot, on voulait faire de la musique, et du coup on a contacté Naaman qui a accepté de nous rencontrer pendant une journée. Je me souviens, on avait fait une vidéo filmée à l'arrache… Bref, on a fait ce son ; l’intru a été composée par Théo et moi, a tous enregistré nos voix dessus et c’était parti. Le morceau a rencontré un joli succès. Cette chanson raconte ça : notre envie de faire de la musique, notre énergie, nos ambitions, notre volonté de profiter de la vie. C’est un morceau très sincère.

     

     

     

     

     

     

    Quelles sont vos inspirations ?

     

    Il y en a énormément… Un duo qui a été pour nous une révélation, qui nous a vraiment marqué, c’est l’album de Damian Marley et Nas, « Distant Relatives », sorti en 2010. On a été charmé par la couleur de l’album, à la fois reggae, world et hip-hop. On les a vu en concert, on est des grands fans, ça a été une influence déterminante pour nous. Et puis il y a aussi Alborosie, beaucoup de reggae jamaïcain, Kabaka Pyramid… On a aussi écouté beaucoup de punk-rock californien, comme Blink182, qui nous a énormément inspiré dans les mélodies, les harmonies de voix.

     

     

    Vous avez fait une tournée en Inde, pourquoi ce pays ?

     

    C’était un heureux concours de circonstance ! On travaille avec Ovastand depuis trois ans, et en fait un des bookers a eu le contact d’une dame chargée d’organiser des tournées en Inde, elle devait implanter des groupes occidentaux dans le pays car cette scène y est peu développée. On nous a donc proposé de partir en Inde avec plein d’autres groupes, et on a dit oui ! C’était la première fois qu’on partait à l’étranger tous ensemble, ce sont des moments qui soudent le groupe. On a toujours été très bien accueilli.

     

     

     

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    Quelles sont les différences entre les publics indiens et français (s’il y en a) ?

     

    Il y a pas mal de choses qui changent. Les publics indiens devant lesquels on a joué découvraient pour la plupart la musique reggae live pour la première fois. Il y a un seul festival reggae en Inde, le Goa Sunsplash, et deux groupes de reggae connus. Donc les gens ne savaient pas trop comment réagir à cette musique, comment danser dessus… Mais dans le fond les publics français et indiens ne sont pas si différents : ils sont là pour passer un bon moments, et dans les deux pays on a eu beaucoup de retours positifs. Ça a été très fort pour nous, cette tournée.

     

     

    Comment appréhendez-vous votre date à Bordeaux, le 3 mars 2018 ?

     

    Ça fait plusieurs fois qu’on vient, et on est jamais déçu ! On a déjà joué au Reggae Sun Ska, c’était assez exceptionnel, on faisait la clôture le dimanche à 20 heures. C’était très fort symboliquement, on adore cet événement, on y était déjà venu plusieurs fois en tant que festivaliers. On a aussi joué à la Rock School Barbey et au Krakatoa, c’était de belles soirées à chaque fois, avec des plateaux cohérents. Bordeaux est une super ville, à chaque fois on a été très bien accueilli et on a hâte de revenir.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour conclure, quels sont vos projets futurs ?

     

    On repart en tournée à partir du 1er mars, et Bordeaux est l’une de nos premières dates. Ça va être une belle tournée d’été, avec des dates en festivals comme en clubs. Ça va nous prendre pas mal de temps. L’autre gros projet de l’année, ce sont les Mic Session. C’est un concept qu’on a lancé il y a plusieurs mois, on fait des vidéos et un artiste surprise arrive au milieu. On en fait assez régulièrement. Et puis quand on aura fini la tournée… On fera une pause et on enchaînera sur un second album !

     

     

     

     

     

     

     

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